Les employés d’Orange Cameroun sont en grève depuis une semaine. Ces derniers dénoncent le traitement inhumain qui leur est réservé au sein de cette entreprise et réclament une amélioration des conditions de travail.
« Nous disons non à l’importation du suicide à Orange Cameroun » « Non au management avec la terreur » « Non aux promotions canapés, oui au mérite ». « Au secours président de la république ». Voilà quelques expressions qu’on pouvait lire sur les différentes pancartes que brandissaient les employés de la compagnie de téléphonie mobile Orange Cameroun lundi derniers, à la direction générale de cette entreprise à Akwa. Ces employés, plus d’une centaine, étaient regroupés devant les bureaux de la direction générale de cette entreprise pour manifester leur ras le bol. Les uns assis à même le sol et tenant des pancartes à la main, les autres debout tous, manifestaient leur mécontentement face aux différentes injustices dont ils sont victimes dans cette entreprise. L on pouvait lire sur les visages la fureur et surtout, la détermination de mener jusqu’au bout l’action qu’ils ont commencé. Selon ces derniers, le mouvement d'humeur ne serait stoppé que si et seulement si les responsables de l’entreprise acceptent de coopérer. « Notre grève est illimitée. Elle peut s’arrêter à tout moment pourvu qu’il y ait la volonté de dialogue de la part de la hiérarchie. La direction est dans leur bulle » affirme président de la section syndicale du Syndicat national de la communication (Synacom) de Orange Cameroun, Corneille Koungou Ndengue.
Détermination.
Les menaces de « licenciements et de poursuite judiciaire » que la direction générale aurait fait parvenir aux grévistes par SMS mardi dernier au motif que « la grève illimitée est illégale» ne les a pas dissuadés. Au contraire, ces menaces ont plutôt stimulé et revigoré ces employés qui sont près à tout pour améliorer condition de travail. « Le mouvement sera poursuivit jusqu’à ce que la solution à nos problèmes soit trouvée » affirme avec fureur un employé dans la foule. « C’est un mouvement de grève illimité. Nous allons rester là jusqu’à 18h, quand le travail prend fin tous les jours », confie un autre. D’après la section syndicale du (Synacom), dans la perspective de briser ce mouvement Orange Cameroun aurait imposé « le pointage manuel » au personnel de 8h à 9h.
Comme cause de ce débrayage, les employés dénoncent une disparité au niveau des salaires ; le blocage de la convention collective d’entreprise des employés de Orange Cameroun depuis six mois, et les mauvaises conditions de travail.
Ces derniers réclament la signature de la convention collective d’entreprise d’Orange Cameroun et l’amélioration des conditions de travail pour suspendre le mouvement.
Malgré les pourparlers engagés depuis la semaine dernière par le président du Syndicat national de la communication Pierre Louis Mouangue, les responsables d’Orange Cameroun et la délégation régionale du travail pour le littoral, les employés poursuivent toujours leur mouvement.
Les abonnés en danger
La grève que poursuit les employés de Orange Cameroun jusqu’à cette heure ou nous mettons sous presse est une grève passive comme l’affirme un employé. «La grève que nous faisons est une grève passive nous n’avons pas saboté le matériel ».
Même si la majorité des abonnés n’est pas au courant de ce mouvement d’humeur, il n’en demeure pas moins qu’ils soient concernés. Car, les employés ne sont pas près à travailler en cas de panne technique. « Il faut que la chance joue en faveur de Orange Cameroun pour que les appareils ne tombent pas en panne. Car si d’aventure cela arrivait, nous n’assureront pas la maintenance et c’est le client qui souffrira à ce moment ». Affirme un gréviste avec amertume Ce mouvement d’humeur dont est victime la compagnie de téléphonie mobile Orange est général. Ceux de Yaoundé et des autres villes du Cameroun se sont joints au mouvement depuis la semaine dernière.
Il faut dire que le Groupe France Télécom auquel appartient Orange est dans une impasse ces derniers temps. En France, les employés de ce groupe dénoncent eux aussi le mauvais traitement salarial. Près de 60 pour cent des employés de ce groupe auquel appartient Orange Cameroun a perdu l’envie de travailler pour lui. Selon des sources concordantes, 37 employés de France Télécom se seraient suicidés cette année.
Hervé Villard Njiélé