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Togo : vote sous haute surveillance

PAR Alliance Sylvie Zamo on Mars 04,2010

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 Le président Gnassingbé se dit sûr d'être réélu aujourd'hui. À la régulière ? L'opposition redoute des trucages, malgré la présence de centaines d'observateurs étrangers. Le Togo est-il en train de tourner la page d'une histoire violente, faite de complots, de scrutins truqués et de répressions sanglantes ? Après deux semaines d'une campagne étonnamment bon enfant, les togolais élisent aujourd'hui leur président, sous l'oeil vigilant de centaines observateurs étrangers et de militaires d'Afrique de l'Ouest, venus contribuer à la sécurité du scrutin. « Le pays vous est entièrement ouvert », leur a affirmé le porte-parole du gouvernement, Pascal Bojodna, mercredi, en les accueillant à Lomé.                    

Élection transparente ?  Les partisans du chef de l'État, Faure Gnassingbé, 43 ans, chantent déjà victoire. L'opposition accuse Gnassingbé d'avoir noyauté la commission électorale, comme avant lui son père, le dictateur Eyadema, au pouvoir pendant trent-huit ans. « Le RPT (Rassemblement du peuple togolais) gagne toujours en trichant », martèle Dovi André Kuevi, porte-parole de l'Union pour le changement (UPC), principal parti d'opposition. 

Kofi Yamgnane évincé 

La tricherie, d'ailleurs, n'a-t-elle pas commencé avec la disqualification de Kofi Yamgnane, l'ancien ministre de François Mitterrand, Finistérien d'origine togolaise rentré au pays pour défier le pouvoir ? Sa candidature a été rejetée au motif d'une date de naissance erronée. 

Cette mise à l'écart pourrait toutefois coûter cher à Gnassingbé : homme du Nord comme le Président, Kofi Yamgnane a apporté son soutien à Jean-Pierre Fabre, 58 ans, le candidat de l'UPC, économiste et homme du Sud, qui pourfend l'incurie et la corruption : « Cinquante ans après l'indépendance, il n'y a pas d'eau potable dans certains quartiers de la capitale. » Dans cette élection à un seul tour, Gnassingbé misait sur l'éparpillement, l'opposition alignant six candidats. L'addition Yamgnane-Fabre remet tout en cause et, en cas de vote serré, on redoute l'explosion. Il y a cinq ans, à la mort du dictateur Eyadema, les militaires avaient installé son fils, puis concédé une fiction d'élection, avant de tirer à balles réelles sur les insurgés de la capitale, bastion de l'opposition. Il y avait eu au moins 400 morts.

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