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Bénin: Adrien Houngbédji à propos de la gestion de Yayi sur Canal 3 :« …Je parlais d’improvisation, je n’ai pas changé d’avis…. »

PAR admin on Aout 12,2009

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Dans l’entretien qu’il a accordé à la chaine de Télévision Canal 3, le président du Prd, Maitre Adrien Houngbédji est revenu sur les dernières déclarations du chef de l’Etat sur Golfe Tv et sur l’Ortb le 1er aout dernier. Pour lui, les dérives observées sous le régime du Changement ne le surprennent guère pour autant qu’elles s’inscrivent dans l’improvisation et la navigation à vue qu’il avait déjà reprochées à ce régime dès les premiers moments de son avènement. Lire ci-après l’intégralité de cet entretien.



Le chef de l’Etat a fait récemment à l’occasion de la fête du 1er aout 2009 une sortie médiatique. A cette occasion, il a réaffirmé son engagement à œuvrer pour le développement du pays, à assainir les finances du pays. Il invite une fois encore ses compatriotes à changer de mentalité pour l’accompagner dans l’œuvre de développement. Il a aussi émis des idées en termes de réformes constitutionnelles et législatives qu’il faut pour redéfinir le fonctionnement des partis politiques. Il est revenu aussi en long et en large sur l’affaire qui défraie actuellement la chronique : le dossier Cen-Sad. Il reconnait en effet qu’il y a eu malversations financières. Il dit ne pas être au courant de ce qui s’est passé globalement. Il présente ses excuses à ses compatriotes. Il dit qu’il assume mais qu’il n’est pas coupable. Et une fois encore, il dit qu’il ne connait pas les vrais coupables. Il attend les résultats d’une commission neutre d’investigation avant de procéder à des sanctions. Nous avons souhaité avoir votre point de vue sur l’ensemble de ces déclarations. D’abord en ce qui concerne les actions à la tête du pays. Votre avis sur l’ensemble de ces déclarations.

C’est vrai, j’ai suivi l’intervention du chef de l’Etat, invitant ses compatriotes à changer de mentalité et renouvelant son engagement pour le développement. J’en prends acte et je le félicite même pour une forme de mea culpa qu’il a eu à faire. Mais je crois que s’il y a une mentalité à changer, ce n’est pas au niveau du peuple béninois. Car le peuple béninois est tout entier dans le changement. Je crois également que s’il ya quelque chose à faire évoluer au Bénin, c’est la gouvernance. Le président Yayi Boni a été élu, il y a trois ans et demi, parce que le Bénin se plaignait de l’immobilisme. Le Bénin voulait qu’il y ait un changement. Ce que nous constatons aujourd’hui, est en deçà de ce que les Béninois attendaient. Moi, je me souviens qu’en septembre 2006 à Lokossa, après lui avoir laissé, je crois, ce qu’on appelle le délai de grâce. Et donc six mois après son avènement, moi j’ai eu à dire que tel que je le vois opérer, il gère le pays dans la précipitation, l’improvisation et la navigation à vue. Vous vous en souvenez. C’était six mois après sa prise de fonction. Trois ans et demi après, je n’ai pas changé d’opinion. Mieux, je constate que les Béninois commencent à payer cher, le prix de cette absence de vision, de cette navigation à vue, de cette précipitation et de cette improvisation. Je voudrais illustrer cela, par des exemples donnés par le chef de l’Etat lui-même. C’est vrai, il a cité les actions de son gouvernement. Il a parlé de l’agriculture et de sa volonté de la moderniser pour accroitre la production et donc de la mécaniser. Il a parlé également de la politique énergétique, celle de la santé, celle de l’administration, pêle-mêle. Je prends d’abord le secteur de l’agriculture parce que c’est essentiel pour le Bénin, l’agriculture. Ce que nous constatons tous, le chef de l’Etat l’a dit lui-même, il a engagé 7 à 10 milliards de Fcfa pour acheter des machines agricoles et des essoucheuses. Ces machines agricoles, c’est pour quoi ? C’est pour produire davantage. Ces machines agricoles, c’est pour des superficies assez grandes. Et donc, avant de prendre la décision d’aller acheter des machines agricoles, il y a un certains actes à poser d’abord. Il faut identifier les terres. Où sont les terres et qui en sont les propriétaires. Ensuite, il faut réaliser des études pédologiques et s’assurer que la qualité des machines est en adéquation avec celle des terres. Si les essoucheuses doivent arracher la partie vivante des terres, cela ne sert à rien. Mais ces études préalables n’ont pas été faites. Et ce que nous avons constaté, c’est que des ministres sont devenus des pseudos producteurs agricoles et courent de villages en villages et de campagnes en campagnes à la recherche des terres. Ils ont mis la charrue avant les bœufs. Donc, politique d’improvisation, navigation à vue et précipitation. Et ce nous craignons, ce que je crains et vois venir, c’est que très vraisemblablement, ou bien nous assistons à un cimetière de ferrailles, parce que les machines n’auront pas pu être utilisées. Ou bien alors nous allons nous trouver devant un autre scandale où nous nous apercevrons que des machines ont été achetés avec en arrière pensée un autre but que la modernisation de notre agriculture.

Vous pensez à un but précis ?

Vous savez, nous sommes dans la Cen-Sad. J’ai parcouru la presse aujourd’hui et à ma demie surprise, je me rends compte que d’autres « Cen-Sad » sont en train de s’aligner derrière. Alors, j’ai le droit de me poser des questions. Pourquoi, cette précipitation. Aujourd’hui les machines agricoles sont déjà là alors que des études agro pédologiques ne sont pas faites. Revenons au secteur énergétique. Le chef de l’Etat a également déclaré et il avait raison de le faire qu’il a du mettre 70 milliards de francs pour permettre à la Sbee de payer ses dettes, à l’endroit de la Communauté électrique du Bénin. C’est vrai, et de ce fait, j’ai du aligner le prix de l’électricité sur celui des autres pays. D’abord. Mais ça, ce sont des mesures de circonstances donc provisoires. Encore que lorsqu’on augmente à prix de l’électricité et de l’eau dans un pays, il faut tenir compte des catégories des prix de vérité. On aurait donc pu moduler ces prix de telle sorte que le béninois pauvre qui n’a qu’une ou deux ampoules se soit pas obligé de payer le prix de cette augmentation.

Il semble que dans cette nouvelle structure des prix, ils ont gardé une petite tranche sociale ?

Pas du tout. Ce qu’ils ont gardé c’est ce que nous avions fait pendant que nous avons eu à gérer la crise énergétique la plus profonde. C’est ce que nous avons fait la structure des prix, en tenant compte des catégories les plus défavorisées. Aujourd’hui pour la vérité des prix, on augmente les tarifs, mais rien ne nous oblige à augmenter également les catégories des plus pauvres. Donc politique énergétique, le chef de l’Etat a dit, j’ai mis 108 milliards. Est-ce que ce qui a été fait est la politique énergétique du Bénin ? A l’occasion de ce discours, il aurait du nous dire quelle est sa vision, quelle est sa politique énergétique pour le Bénin. Il ne l’a pas fait. D’emblée, ce qui caractérise notre pays c’est quoi ? Mais c’est notre dépendance énergétique.

Ça, il l’a dit par le passé, vous vous en souvenez ?

Il l’a dit par le passé mais quelles sont les mesures qui ont été prises pour corriger cet état de chose ? Nous dépendons de la Côte d’Ivoire, du Nigeria et nous dépendons du Ghana. Je m’étais gratté les oreilles quand, en nous consultant Amoussou et moi la veille du jour où nous avons réalisé l’interconnexion avec le Nigéria, il nous a parlé de coprospérité partagée. Je lui ai répondu, Monsieur le président, moi je crois plutôt que c’est de la pénurie partagée, parce que le Nigéria n’a pas assez d’électricité pour sa propre population. Par conséquent, la fourniture que le Nigéria nous fera, ne peut être qu’une fourniture marquée de sceau de la précarité. Donc je crois que, une vraie vision de notre politique énergétique, une vraie vision de notre autonomie consisteraient à trouver d’autres sources d’énergie. Vous vous souvenez, il y a de cela quelques années, le gouvernement nous avait annoncé qu’il allait acheter des groupes « Turbo », des turbines à gaz dans un délai de trois mois. Et le Conseil des ministres a dit la décision est prise, dans trois mois, nous aurons les turbines à gaz. Quelques semaines après ce même gouvernement déclare « nous nous somme trompés, on ne peut pas acheter cela en trois mois, il nous faut 18 mois pour acquérir les turbines à gaz et 24 mois pour les installer ». Mais le Béninois a besoin de savoir où en est le Bénin par rapport à ce projet d’acquisition. Parce que nous savons que grâce à ces turbines nous aurons, une partie de notre autonomie. Pas de réponse. Mais le Chef de l’Etat lui-même a déclaré que l’énergie thermique coûte plus cher. C’est-à-dire que nous si nous devrions avoir de l’énergie moins chère, il n’y a pas 36 solutions, c’est de construire des barrages. Après Adjaralala, Nangbèto, il faut trouver d’autres sources d’énergie hydro-électrique dans notre pays. Donc construire des barrages. C’est cela que nous nous attendions à entendre de sa bouche. A titre provisoire, parce que la situation est urgente, j’ai mis 70 milliards à la Sbee pour payer ses dettes mais voici ce que j’ai fait pour que nous atteignions notre autonomie. Il ne l’a pas fait. Pas de vision, précipitation, navigation à vue. Je prends un autre exemple, il s’agit de l’administration. Le président Boni yayi a dit : « notre administration, si on y prend garde, on est mort ». C’est l’expression qu’il a employée, « on est mort ». Rien ne va. Mais nous l’avons élu, il faut qu’il les règles ces problèmes. Je suis donc curieux de savoir, quelles sont les mesures prises depuis trois mois pour régler les problèmes qui se posent à cette administration et la redresser. Aucune. Au contraire, ce que moi j’observe est que les valeurs fondamentales de cette administration sont foulées actuellement aux pieds. Une de ses valeurs importante, c’est le respect de la hiérarchie. Mais à quoi nous assistons aujourd’hui ? Des cadres moins compétents et moins expérimentés commandent des cadres plus expérimentés et plus compétents. Les cadres de catégorie B sont des patrons de ceux de catégorie A. Et cela, sur la base du clientélisme, des chapelles.

Vous avez répertoriés des cas ?

Absolument. Si cela est contesté c’est lui qui nomme, qu’il produise les Cv des principaux responsables techniques du pays. Pour ma part, moi, j’ai ma liste. C’est sur la base du clientélisme, des chapelles au sens propre comme au figuré et sur la base du régionalisme. Alors je dis qui est-ce qui est en train d’achever l’administration ? Une administration qui ne respecte pas la hiérarchie et les critères de performance, d’ancienneté, est-ce qu’une telle administration peut devenir une administration au service du développement ? Il ne faut donc pas s’étonner que notre administration soit devenue plus inefficace, plus corrompue qu’elle ne l’était au moment où lui il est arrivé au pouvoir.

Maitre, on note la gravité de ton avec lequel vous apportez des critiques à la politique du pouvoir en place. Vous avez même parlé d’improvisation et d’absence de vision dans la politique du gouvernement. Quelle est votre vision à vous ?

J’ai déjà commencé par donner ma vision de façon sectorielle. J’ai dit par exemple à propos de l’agriculture, oui je suis pour la mécanisation, oui je veux que l’on priorise les cultures vivrières par rapport aux cultures de rente. Mais lorsqu’on fait de la mécanisation, il ne faut pas commencer par ce qui doit être la fin. Il faut mécaniser lorsque vous vous êtes rassurés que vous avez des terres, des superficies requises.

Il y a eu quand même quelques superficies qui ont été trouvées ?

Oui avec des ministres qui au lieu d’être dans leurs ministères…..

Mais n’est-ce pas mieux que rien ?

Vous croyez vraiment qu’il fallait mettre 10 milliards pour acheter du matériel agricole et chercher des terres après ? Si c’est votre conception de la politique agricole, ce n’est pas la mienne. Je ne sais pas si c’est celle des Béninois.

Qu’est ce que vous auriez fait ?

Mais c’est ce que je dis. Pour la mécanisation, j’aurais premièrement recherché les terres. Régler le problème foncier. Au moins en partie, parce que si on mécanise, c’est pour pouvoir sur une plus grande superficie. Il faut régler ce problème. Toutes les machines agricoles ne sont pas compatibles avec toutes les terres. Nous avons déjà des problèmes avec les essoucheuses. En ce que concerne la politique énergétique, ma vision est de nous sortir de notre dépendance énergétique. Et il faut deux choses. Il faut bien sur l’énergie thermique, mais elle coûte trop cher ; il faut donc de l’énergie hydro-électrique. Donc il nous faut faire la revue de nos cours d’eau et de toutes les structures qui nous permettent de créer des barrages. Voilà. Donc, donner de l’argent à la Sbee pour payer ses dettes vis-à-vis à la Ceb, je suis d’accord, mais ça ne pas être une vision. Cela nous permet de résoudre les problèmes sur le court terme mais ce n’est pas une vision. Le chef de l’Etat a également parlé la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de 5 ans et de la césarienne. En ce qui concerne la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de 5 ans comme vous le savez, c’est un serpent de mer. Quant à la césarienne, elle est utile. Car tout doit se faire pour sauver la vie de l’enfant et de la mère. Cependant, la question que je pose est celle de savoir : premièrement, est ce que nous étions suffisamment équipés en ressources humaines pour faire cette césarienne sur tout le territoire national ? Il nous est revenu que certaines communes et départements, il n’y a ni gynécologue, ni chirurgien de sorte qu’on se demande qui pourra faire l’opération. On a parlé du cas du département de la Donga et de l’Atacora où il ces deux catégories de praticiens font défaut. Pour les communes d’Avrankou, d’Ifangni et de Sakété et autres, il n’y avait qu’un seul chirurgien-gynécologue. Par conséquent, ce sont des décisions qui ne sont pas pensées. Donc on se demande si le but poursuivi était vraiment de sauver la mère et l’enfant. Dans son discours, le chef de l’Etat a déclaré que ce sera bientôt les soins gratuits pour tous. C’est encore une promesse. Moi je crois que le président est tout le temps en campagne. Cela fait trois ans et demi qu’il est là et c’est maintenant qu’il parle de cela. Moi, je n’y crois pas. Ce que je propose, c’est de partir des expériences qu’il y a déjà sur le certain. C’est le cas des mutuelles de santé de quartiers ou professionnelles. Et que ces expériences là soient élargies pour qu’au niveau des communes, au niveau des arrondissements, il y ait de plus en plus des mutuelles de santé de sorte que les populations elles-mêmes avec la contribution de la commune et de l’Etat, parviennent à prendre en charge leurs frais de santé. Je pense, qu’il y a également des recherches à faire dans ce domaine au lieu de dire la santé sera universellement gratuite pour tout le monde. C’est encore un serpent de mer. Ce que moi je propose c’est l’approfondissement des mutuelles de santé, leur élargissement aux quartiers sous la responsabilité peut-être des chefs d’arrondissements comme on fait pour les tontines. Même si c’est si 100 francs qu’on cotise et on est assuré parce que la mairie et l’Etat auraient à apporter leur contribution. Enfin, problèmes macro économiques dont le chef de l’Etat a parlés. Et je le remercie parce que moi j’avais dit à Bohicon, que la prospérité partagée dont le gouvernement nous abreuvait à longueur de journée n’était qu’un leurre. Les gens pouvaient penser que c’est parce que je suis opposant. Et j’avais dit à l’époque, que mes sources sont inattaquables. Mais j’ai entendu dire de la bouche du chef de l’Etat lui-même que la croissance économique en 2007 n’a été que 4,8%.

C’est déjà pas mal ?

Ah non ! Ce n’est pas bien. Puisque avant lui, les gouvernements qui l’ont précédé étaient régulièrement au-dessus de 5%. Et je me souviens même que sous Soglo, c’était aller jusqu’à 6%.

Oui mais actuellement, il y a la crise ?

Excusez-moi là aussi je l’avais dit à Bohicon. La crise, elle date de quand ? Elle date de septembre 2008. Et j’avais également dit à Lokossa en novembre qu’ils vont mettre leur échec sur le dos de la crise. 2007, c’était la crise ? 2008, c’était la crise ? Je vous vois sourire malicieusement. Ça veut dire que vous confirmez ainsi ce que je dis. On nous avait annoncé le Bénin émergent, croissance à deux chiffres. Et lorsqu’on regarde, c’est que nous avons reculé en taux de croissance. Il a dit lui-même que la pauvreté et l’endettement se sont accrus. Alors qu’on me dise quelles sont les performances ? Où est le changement voulu par les Béninois ? Donc pour moi, même à ce niveau macro économique, il y a eu un échec. C’est vrai nous avons payé nos dettes. Ça il faut le reconnaitre, il y a eu un succès relatif à ce niveau.

Maitre Houngbédji, vous avez peint un tableau particulièrement noir de ce que fait le chef de l’Etat Yayi Boni qu’on se dit qu’il n’y a pas grand-chose qui se fait… Vous avez critiqué les méthodes surtout. Mais est-ce que vous ne pensez pas que des chantiers comme la mécanisation et la césarienne méritaient d’être d’abord commencés avant d’être améliorés ?

Il y a un déphasage total entre lui et moi. Ce n’est pas possible. Je ne peux d’abord acheter la voiture et me dire on fera on fera la route après. La méthode préjuge de l’efficacité. Ces machines agricoles qui sont là, elles vont servir à qui et à quoi ? Je prends un autre exemple à moins que vous ne souhaitiez qu’on reste dans ce seul domaine. Mais le service militaire patriotique. Nous l’avions violemment combattu au parlement parce que j’étais contre. Mon rejet s’expliquait par le fait que le gouvernement avait dit qu’on le créait pour permettre d’aller recevoir une formation d’instituteurs, une formation d’infirmier…Mais quand on reçoit cette formation là, c’est pour quoi ? C’est avec l’espoir que dès qu’on va finir, on ait le travail. Les jeunes aujourd’hui, ils ont fait ces formations et ils sont à la maison. Mon approche était différente. Moi je dis, la création de l’emploi des jeunes passe d’une part par le Fonds pour l’emploi des jeunes, mais également par la création des emplois par les jeunes eux-mêmes, la création, l’auto-emploi c’est aux jeunes de créer eux-mêmes leur entreprise. L’Etat est là, met l’argent à la disposition. La gestion de l’argent public directement par l’Etat sur ce genre de front, nous savons c’est. Les micros-crédits nous le montrent. On aurait pu concevoir un système dans lequel cet argent est confié à une banque, et c’est leur métier, ils prennent les dossiers de crédits et ils prêtent l’argent aux jeunes sur ce fonds là. Eh bien, les jeunes en question aujourd’hui grognent, écrivent et font des pétitions parce qu’ils ont reçu une formation et sont condamnés à rester à la maison. Le gouvernement actuel et nous avons des conceptions diamétralement opposées. Nous ne peignons pas en noir. Nous faisons appel simplement à l’intelligence des Béninois. Voici ce qu’il fait et voici ce que nous, nous avons proposé. A vous de juger. Moi je ne cherche pas à obtenir un satisfecit personnel.

Sur la politique énergétique, vous avez effleuré le sujet tout à l’heure. Vous n’êtes pas d’accord avec la politique énergétique lancée par le Président Yayi Boni, et pour cause, puisque nous restons dépendants, nous n’arrivons pas à satisfaire tous les besoins en énergie électrique. Mais il me souvient également que, dans les années 90, au début ou au milieu des années 90, vous-même aviez été premier ministre…

Oui j’ai été confronté aux mêmes difficultés et mon approche était déjà celle là. Je voudrais vous rappeler tout simplement que parmi les raisons que j’ai invoquées pour sortir du gouvernement, il y avait entre autres la gestion de la crise (de l’énergie).

Le chef de l’Etat est revenu aussi sur la lutte contre la corruption. Vous vous rappelez qu’une marche a été faite à ce propos et dans le dernier entretien télévisé, il avait dit que sa vision n’a pas changé et qu’il contribue d’œuvrer pour cela.

Non mais entre une proclamation qui est faite et la réalité, il y a plus que de la marge. Moi j’ai dit quand il avait été élu, j’ai dit :Qui change qui ? Qui change quoi ? On en est là ! On a dit audits, audits, audits. Vous avez vu les audits vous ?

Oui, il y a eu certains audits.

Vous en avez eu les résultats ? S’il y a eu des audits, c’est pour les mettre sous le coude. Si vous les avez eus donnez-les-moi !

Ce que nous avons appris c’est que certains n’ont pas donné grand résultat.

D’abord, avant de savoir si ça a donné des résultats, qu’on nous le remette. Si vous les avez eus vous avez de la chance.

Il n’y avait pas assez de choses à se mettre sous la dent

Donc la gestion précédente était bonne ? Si c’était bon, qu’on le dise puisque on nous a dit qu’il y avait 200 millions dans les caisses. Moi, je ne suis pas là pour faire l’apologie du gouvernement qui a précédé. Je suis là pour dire : Monsieur le Président, vous avez été élu pour apporter le changement. Personne ne vous l’a demandé. C’est vous qui nous avez promis un audit. Donnez-nous les audits. Vous avez fait des audits. Nous n’avons pas eu les audits, nous avons eu la marche pour la corruption. Quand ils faisaient la marche, moi je rigolais.

Pourquoi ? Pourtant c’était quand même sérieux ? Qu’un chef de l’Etat veuille bien prendre les devants de ce genre de….

Pour moi, c’était de la politique spectacle. Les faits nous le prouvent maintenant. Moi je le dis, le dossier Cen-sad, ce ne sera pas le dernier hein !

Parlons du dossier Cen-Sad, puisque c’est cela l’actualité. Le chef de l’Etat est revenu en long et en large sur ce dossier à l’occasion de cet entretien télévisé. Il a dit qu’il reconnait qu’il ya eu malversations. De toute façon c’est ce que l’Ige a relevé. Il a dit quelque part qu’il n’était pas au courant de tout ce qui s’est passé. Il a présenté ses excuses. Il a dit qu’il assume…

Le peuple béninois n’est pas aussi naïf que ça, ce n’est pas vrai. C’est quand même un Président de la République. Qui au terme de l’article 54-55 de la constitution, est le chef de l’Etat, chef du Gouvernement. C’est lui qui préside le conseil des ministres, c’est lui qui nomme les ministres et il dit que lui n’était pas au courant ? Il dit qu’il ne va même pas au conseil des ministres. Qu’il n’y va que quand il y a un dossier qui l’intéresse. Vous ne voyez pas que c’est grave ! Il dit que c’est en lisant le rapport de l’Ige qu’il s’est vaguement souvenu qu’il y a eu une communication sur ce dossier. Un dossier au sujet duquel il a pris une ordonnance. Car le Cic et le Palais des Congrès font partie des dossiers du collectif budgétaire, 200 milliards de francs environ ou précisément 197 milliards de francs. Et il que c’est quand il a vu le rapport de l’Ige qu’il a su. Que ce n’est pas le ministre de l’Urbanisme qui a géré le dossier, mais le ministre des Finances. Vous croyez ça vous ? Vous trouvez ça normal ?

Vous mettez en doute ce qu’il dit… ?

Mais oui, je n’ai pas peur de le dire. Et si ce qu’il dit est vrai, c’est encore plus grave ! C’est de parfait accord avec le Chef de l’Etat.

C’est-à-dire ?

Pour quelqu’un qui n’a fait ne serait-ce qu’une semaine dans le gouvernement, il sait que le conseil des ministres, même s’il se réunit en l’absence du chef de l’Etat, aucune décision ne peut être prise sans avoir obtenu in fine son aval. Ce n’est pas possible. Et quand il a interrogé le ministre des Finances ? La réponse est surprenante. Il dit que le ministre lui a dit qu’il croit avoir agi dans le cadre de la délégation qu’il a reçue de lui. N’importe quel auditeur averti sait ce que ça veut dire c’est-à-dire : j’ai fait ce que vous m’avez demandé de faire, c’est ce que ça veut dire.

Vous savez aussi pour avoir été premier ministre que le ministre des finances est un super ministre. Qu’il peut prendre certaines décisions seul, sans en référer forcément à l’Etat ?

C’est au Bénin seul que le ministre des Finances est important ? Ce n’est pas au Bénin seul ! C’est partout dans le monde, mais quand-même ! Ce n’est pas 1OO millions. C’est 7 Milliards d’un coté. Et c’est 3O et quelque milliards de l’autre. L’ordonnance en question, c’est 2OO Milliards. Mais c’est lui qui a demande dans un collectif budgétaire qu’on lui accorde ça. Il dit qu’il ne connait pas les chapitres et tout ça…Vous pouvez croire cela vous ? Moi, comme le Béninois moyen, je n’y crois pas et j’ai déjà été dans un conseil des ministres pendant deux ans et je sais que ça ne se passe pas comme ça.

Il a dit par la suite qu’il assumait quoiqu’il ne fût pas coupable

C’est trop facile de dire comme ça, « j’assume mais je ne suis pas coupable ». Moi je dis qu’il est coupable et complice.

Est-ce qu’ont peut quand même considérer comme preuve de sa bonne foi le fait qu’après le rapport de l’Ige, lui-même a préconisé la mise en place d’une commission…

Non ! Non ! Ça ne s’est pas passé comme ça. C’est de la mise en scène. Vous savez au Bénin, ces choses là il y a certains qui en bénéficient, mais alors que certains en bénéficient d’autres sont mécontents. Et ceux qui sont mécontents, ils disent ce qui se passe. Donc nous étions déjà tous au courant de ce qui se passait dans le dossier Cen-Sad. Moi j’ai des piles de papiers me disant que tel dossier, tel marché moi j’en ai plein. Je peux vous en donner. On savait tout ! Le chef de l’Etat devant agir promptement. Et vous avez entendu ce qu’il a dit. Il dit que lui a attendu 3 mois, quand il a entendu parler de ça, afin que les députés fassent une commission d’enquête parlementaire. Sincèrement ! Certains Béninois sont-ils bêtes au point de penser que le chef de l’Etat, chef du gouvernement, pour agir, attend qu’une commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée où il est majoritaire vienne intervenir et fouiller dans ses affaires ? Non. Il a voulu gagner du temps.

Mais mieux vaut tard que jamais ?

Vous me connaissez. Moi, je n’ai pas la langue de bois. Il dit, comme au bout de trois mois je ne voyais pas les députés agir, j’ai demandé à l’Ige d’intervenir. L’Ige a déposé son rapport vous savez quand ? En avril 2009. Et c’est seulement en juillet qu’il réunit le conseil des ministres à ce sujet. Il a encore gagné deux mois. C’est du dilatoire. Quand l’Ige a déposé son rapport et que l’affaire a éclaté, qu’est ce qu’il a fait ? Il a encore nommé une commission ministérielle pour juger le travail de l’Ige. Dans quel pays on voit ça ? Et après ça, il nomme encore une commission administrative pour revoir le travail de l’Ige. Mais non, le Bénin est un Etat de droit. Quand l’Ige a fini son travail, il n’y a plus autre chose à faire que de transmettre le dossier à la justice. S’il y a des investigations complémentaires, eh bien c’est la justice qui les fait et qui dit qui est coupable et qui ne l’est pas. Donc, c’est de la mise en scène pour gagner du temps. Sinon ce dossier devait être déjà au niveau de la justice et par conséquent je dis que les Béninois n’ont pas voulu ça. Nous avons dit, nous voulons de la transparence, de la bonne gouvernance, nous voulons des hommes qu’il faut à la place qu’il faut etc.… On ne peut pas accepter ça.

Vous parlez en tant qu’homme politique mais on ne peut pas oublier non plus que vous êtes juriste et avocat. Est-ce qu’aujourd’hui, vous lancez cet appel au président Yayi Boni en lui disant de ne plus perdre du temps sur les travaux des commissions et qu’il faut remettre ce dossier entre les mains de la justice ?

Mais oui, il faut remettre le dossier à la justice. C’est à eux de dire si quelqu’un est coupable ou s’il n’est pas coupable. Maintenant, il y a des volets du dossier dont l’Ige n’a pas encore connu. Ces volets là, on donne ça à l’Ige et quand elle a fini son travail, on donne à la justice. Il n’y a pas d’autres solutions.

Me Houngbédji, en ce qui concerne les volets dont l’Ige a connu c’est vous-même qui êtes monté au créneau pour dire qu’on a sanctionné que des lampistes et qu’il fallait que d’autres têtes tombent. Et à ce propos, je crois que vous êtes dans la mesure de sanctions administratives que le gouvernement pourrait prendre avant que le dossier n’aille à la justice…

Attention, moi je n’ai pas dit avant la justice, j’ai dit qu’il faut que des têtes tombent.

Bon, je suppose que c’est comme ça que lui l’a perçu et il a dit lors de son entretien télévisé, qu’à ce jour, au regard des contestations qu’il y a par rapport à l’Ige, il a voulu voir un peu lus clair, pour sanctionner par la suite. Vous ne voulez pas qu’il sanctionne administrativement ?

Quelles sanctions ? Est-ce qu’il a envoyé ça à la commission kpognon avant d’énumérer les lampistes qu’ils ont sanctionnés là ? Il ne faut pas quand même de justice à deux vitesses. Qu’il envoie ça au tribunal en plus des rapports déjà faits par l’Ige. Il y a d’autres volets qui n’ont pas déjà été vus. Ces volets là, l’Ige s’en occupe c’est tout ! Moi, je voudrais dire très sincèrement, que nous sommes déçus parce que nous avons élu un président que nous voyions omniprésent, omniscient, il est partout, il sanctionne tout le monde, il va sur le terrain, il va dans les ministères. Mais nous découvrons qu’en réalité c’est un président fantôme.

C’est quand même un peu fort ! Président fantôme….

C’est un président fantôme, c’est un président qui ne sait pas ce qui se passe dans son gouvernement, c’est un président qui ne sait pas qui fait quoi, il ne sait pas qui des ministres de l’Urbanisme ou des Finances a géré le dossier Cic-Palais des Congrès, mais c’est grave ! Moi, ce que je voudrais demander, pour en finir avec cet aspect des choses, pour montrer sa bonne foi aux Béninois, il faut qu’il prenne certaines décisions.

Lesquelles ?

La première décision qu’il doit prendre, c’est de confier le dossier à la justice. Et ces ministres, il y en a trop ! Trop ! Vous avez déjà vu ça, vous au Bénin ? 30 ministres ? Qu’il réduise donc le train de vie de l’Etat ! Ensuite, le gouvernement ne peut pas être, comme l’a écrit un journaliste, « La caverne d’Ali-Baba ». Et, il y a des ministres qui traînent des dossiers, des casseroles. Je parle par exemple de Fagnon à la Sonapra. Ce dossier est dans la rue. Tout le monde a ça. Le dernier rapport des recommandations des Commissaires aux comptes du 23 février 2009 est déjà aussi dans la rue et les choses qu’on dit dedans ne sont pas bonnes. Je ne sais pas quelle crédibilité vous voulez que le gouvernement ait lorsqu’en son sein, il y a des ministres qui ont ce genre de dossier. Il faut qu’il revoie ça, qu’il se donne des collaborateurs crédibles et qu’il ne fasse pas de son cabinet un réfugié ou un locatorum, c’est-à-dire un endroit où dès qu’il révoque quelqu’un pour quelque raison que ce soit, hop ! il est nommé au cabinet présidentiel. Ce n’est pas bon. Donc voilà les propositions que je fais. La réduction du train de vie de l’Etat, la réduction du nombre des ministres. Qu’il s’écarte des ministres qui, manifestement sont éclaboussés par des scandales de corruption, de mal-gouvernance et qu’au niveau de son cabinet, qu’il en fasse un vrai cabinet et non pas un endroit où quand on enlève quelqu’un, on lui donne une commission tout ça. Et tout ça, c’est aux frais de l’Etat.

Donc, en bref, si vous jetez un regard rétrospectif sur les 3 dernières années depuis l’élection du président Yayi Boni, vous n’êtes pas tellement tendre, on peut même dire que vous faites partie de ceux qu’on pourrait appeler les « déçus du changement », je me trompe ?

Moi je ne suis pas un déçu puisque dès le départ, je ne me faisais aucune illusion. Je vous ai dit, c’est le jour de son élection que j’ai dit « qui change qui, qui change quoi ? « .

Est-ce que vous le connaissez auparavant Président Houngbédji ?

Je savais beaucoup de choses. Mais en ce moment là, si je me mettais à parler, un mois après son élection, ou deux mois après, on va dire : il est aigri, c’est l’amertume. J’ai attendu que les faits donnent la vérification de ce que j’ai dit. J’ai dit navigation à vue, précipitation, improvisation. J’ai dit ça le 11 septembre à Lokossa, on a vu non ? Corruption, j’en ai parlé, on est en train de voir. Par conséquent, je ne peins pas en noir, je lui donne acte de sa volonté de développer le pays, je lui donne acte de faire ce qu’il peut. Mais ce n’est pas ce qu’il peut qu’on lui demande de faire, c’est ce qu’il doit.

C’est ce qu’il a promis et vous avez l’impression que l’espoir à votre niveau…

Je rappelle une fois, moi, je n’attendais rien

Et il a promis la reddition des comptes et je crois qu’avec tout ce qu’il a fait dans le dossier Cen-Sad…

Non, non, encore une fois, les Béninois ne sont pas dupés, je viens de vous dire comment ça s’est passé. En vous donnant des faits précis parce que vous me connaissez. Ça fait presque 20 ans que vous me connaissez. Quand je ne suis pas sûr, je préfère ne rien dire.

Face à cela, vous vous êtes un des animateurs de l’opposition politique, en particulier, vous êtes actif au sein du groupe G4. Face à la situation que vous venez de dépeindre, qui n’est pas du tout encourageant pour la suite de notre démocratie. Qu’est-ce-que vous faites exactement dans l’opposition ? Est-ce-que, comme c’est de bonne guerre, vous ne faites que critiquer, ou bien vous entrevoyez d’autres actions qui permettent de donner une chance à notre démocratie ?

Maurice Chabi, tout de même, nous avons parlé devant 50 minutes je crois. Est-ce-que j’ai émis des critiques sans avoir fait des propositions ? Sur tous les sujets que j’ai abordés ? Le rôle de l’opposition, ce n’est pas de donner des solutions au gouvernement non plus, c’est de critiquer d’abord.

Il faut une opposition alternative aussi

L’opposition n’est pas obligée. Or je viens de parler pendant 50 minutes, et il n’est pas un dossier de l’action gouvernementale que j’ai évoqué sans faire de propositions alternatives. Nous sommes c’est vrai dans le G4 et comme vous le savez, dans le G4, il y a le G4 et Force Clé. C’est un ensemble de partis politiques, donc chacun a sa sensibilité, sa perception des affaires. Ce que je viens de vous dire, c’est ma perception, ce n’est pas celle du G4. Il est évident qu’à un moment ou à un autre, nous allons commencer à confronter nos approches, pour dégager une vision commune, un projet de société commun ou un programme…

Vous ne pensez pas que vous êtes en retard déjà, nous sommes à 18 mois !

Non, ce n’est pas tard, j’ai l’expérience de ces choses là. C’est pas tard d’autant plus que les différentes composantes ne sont pas des novices, ni sur le plan politique, ni sur celui des réalités économiques. Donc nous allons le faire. Ce qu’il faut retenir de ce groupement politique, c’est notre volonté de rester ensemble. C’est depuis la création, qu’on annonce, qu’on prédit la rupture, la cassure, etc… Nous tenons, le groupe est solide. En tout cas jusqu’au jour où je vous parle, il est solide. Vous n’avez pas appris qu’un parti en est sorti. Alors, on nous dit, vous n’allez pas vous entendre pour les élections présidentielles qu’est-ce qu’on en sait ?

La candidature unique, vous en êtes convaincu ?

Moi je vous le dis très sincèrement, moi j’en suis convaincu. Il y aura un seul candidat aux élections présidentielles au niveau du G4. Je suis convaincu qu’il y aura une candidature unique. Je dirai en outre que, moi je suis discipliné. J’appartiens à un groupe et par conséquent, je soutiendrai le candidat que le groupe aura désigné. La 3ème chose que je veux dire, c’est que le scepticisme que l’on lance…ne nous ébranlera pas. Je souhaite qu’il y ait regroupement des forces politiques pour donner plus de crédibilité aux partis politiques , aux forces politiques, et pour donner une meilleures vitalité à notre démocratie.

Nous avons dit que le rôle de l’opposition, c’est de critiquer, mais il est souhaitable également qu’il soit en rapport avec ceux qui sont au pouvoir pour une meilleure gestion. Est-ce qu’il vous arrive de rencontrer le président Yayi Boni ? En clair, quels sont vos rapports et lorsque vous le rencontrez, est-ce qu’il vous arrive de lui apporter ce soutien par les corrections nécessaires à sa politique pour lui permettre d’aller de l’avant ?

J’ai dit tout à l’heure que la seule fois que le président Yayi Boni a eu à pas me consulter, à m’informer de quelque chose, c’est le jour où il nous annoncé la copropriété partagée dans le cadre de la connexion électrique et depuis ce jour, il ne nous a plus jamais appelé et j’avoue, il s’en porte certainement très bien et moi aussi de mon côté, je ne m’en porte pas mal.

Vous n’avez pas l’intention de lui faire partager votre expérience personnelle ?

Je suis dans l’opposition, je reste dans mon rôle, il est au pouvoir, il reste dans son rôle. Pourquoi voulez-vous ce mélange de genre ? Le Bénin a pourtant besoin aussi de clarté dans le débat politique ? Cela étant, le président Yayi Boni est un homme très charmant, très affable, qui rigole beaucoup, qui embrasse beaucoup. Le 1er août, nous avons encore eu de grandes accolades. Tout le monde a vu, ça prouve qu’il y a de la convivialité, mais cela n’empêche pas des débats de fond. Nous avons pour le moment une opposition qui n’est pas encore considérée.

Président Houngbédji 2011, vous êtes un homme politique, c’est dans 18 mois. Quel est votre vœu pour la marche du pays d’ici à là ?

Mon vœu pour 2011, c’est que la volonté exprimée par les Béninois en 2006 de voir s’opérer dans le pays un vrai changement, eh bien que cette volonté, que ce souhait se réalise enfin.

Président Houngbédji merci !

Transcription : Calixte Adiyéton, Djibril

Ibrahim et Francisco Fafolahan (Stag)


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