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Le retour des contrôles dans les rues à Douala

PAR Yolande Tankeu on Avril 11,2008

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Ce mercredi 9 avril 2008, il est précisément onze heures à Douala. Nous sommes au Rond point Deido en face d'une boulangerie de la place. A la montée Saker, l'on constate un bouchon indicible. Ce n'est pas un accident de la circulation qui est à l'origine, cette fois, c'est plutôt les hommes en tenue qui ont envahi les lieux  comme un essaim d’abeilles.

Les voitures de couleur jaune  c’est –à-dire des taxis, sont harcelés à longueur des journées par les flics. Ils sont présents dans tous les carrefours de la ville, munis en pleine journée de leur artillerie et des lampes-torche. Aucun véhicule n'échappe à leur vigilance. Tout est fouillé à fond jusqu'aux sacs à mains de certains clients.

Autre point, autre contrôle. Cette fois, nous sommes au Rond point feu Rouge Bessengue. C'est le même scénario le conducteur du taxi à bord duquel le reporter de Camer.be se trouve se gare sur le bord du trottoir selon les ordres de la police. L'agent de police se rapproche de nous, fait le salut militaire et demande à voir le dossier du véhicule. Le taximan s'exécute. Le policier examine minutieusement le dossier, puis, n'y ayant apparemment trouvé rien à redire, le remet au taximan.

Le contrôle n'est pas pour autant terminé. "Pouvez vous ouvrir votre malle arrière?!" Le chauffeur appuie sur un bouton et cette dernière s'ouvre automatiquement. "Ok, pouvons vérifier l'identité de vos clients". Tout le monde s'exécute. Quelques minutes plus tard, il fait alors signe au taximan de s'en aller. Pendant que note chauffeur démarre, deux autres policiers nous demandent de sortir du véhicule car les tuyaux d'échappement ne lâchent pas une fumée normale. Le chauffeur fouille dans le coffre à pièces de monnaies de son véhicule, récupère quelques unes, se retire, avance vers ces derniers : Le temps de négocier avec eux. Il revient quelques minutes plus tard, et ne retrouve plus que deux personnes. Entre temps, les deux autres passagers ont pu trouver un autre moyen de locomotion pour s'en aller.

Cette scène, observée depuis quelques jours à Douala, est de plus en plus fréquent dans les contrôles routiers menés par la police camerounaise.

L'on a vu au marché central de Douala la semaine dernière, un voleur molesté par les populations pendant que les policiers qui étaient en poste à un jet de pierre du lieu du drame ne se sont pas gênés à s'approcher de la foule. Ces derniers avaient fini par quitter les lieux
 
Quant on regarde de très prêt le comportement de ces policiers, l'on a l'impression qu'au lieu d'assurer la sécurité des citoyens ils improvisent des contrôles pour se renflouer les poches affirme Joseph Liendou, chauffeur de taxi. Ce dernier affirme avoir dépensé uniquement pour la journée d'hier ( mardi NDLR), une somme de 5000 francs CFA remis « inutilement » à la police.

Au niveau de la délégation provinciale de la sûreté nationale ( DGSN) à Bonanjo, une source toujours bien renseignée et qui a requis l'anonymat affirme que dans les jours à venir, ceux qui n'ont pas encore de carte d'identité seront soumis à des contrôles sévères. Il en est de même pour les noctambules.

La même source affirme que beaucoup de fausses pièces d'identités et de faux passeports sont en circulation au pays. L'on a aussi assisté quelque fois à des scènes de refus de voyage à certains camerounais s'apprêtant à prendre le vol pour l'étranger à cause de la qualité de leur passeport. Avis donc aux voyageurs indélicats.


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