Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine (UA), a estimé que la junte en Guinée ne faisait pas assez de progrès pour le retour à l’ordre constitutionnel et les élections prévues avant la fin de l’année.
Dans un communiqué transmis hier soir à l’AFP à Addis Abeba, le CPS "exprime sa grave préoccupation devant le manque de progrès significatifs dans la transition vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel et la tenue des élections législatives et présidentielle en 2009, comme prévu dans le chronogramme" mis en place par les militaires qui ont pris le pouvoir après le décès du président Lansana Conté fin 2008. L’UA va jusqu’à menacer de sanctions le régime du capitaine Moussa Dadis Camara si les autorités guinéennes ne prennent "pas rapidement (...) les mesures nécessaires pour le retour à l’ordre constitutionnel". Le CPS reproche à la junte "l’absence d’un dialogue politique continu, serein et productif entre les différents acteurs de la transition, ce qui constitue un obstacle au retour du pays à l’ordre constitutionnel au plus tard à la fin de l’année 2009, la non mise en place du Conseil national de transition (CNT)".
Le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) a prévu des élections législatives en octobre et la présidentielle en décembre. La junte aurait également arrêté "les opérations de recensement électoral", indique l’UA en dénonçant "la détérioration de la situation sécuritaire et la violation des droits de l’homme, notamment la multiplication des arrestations et détentions arbitraires". Dans ce texte, le CPS dénonce aussi "le refus de l’accès des partis politiques aux organes d’information de l’Etat".
Enfin le conseil "se déclare préoccupé par les violations répétées des droits de l’Homme et des libertés fondamentales, ainsi que par les actes de violence et d’extorsion perpétrés par des éléments armés en uniforme". Il "demande au CNDD et au gouvernement de transition d’intensifier la lutte contre l’impunité et de veiller au respect des droits de l’Homme"
AFP