Que va faire le cardinal Tumi de sa retraite ? A cette question, les observateurs lorgnent sur 2011 pour rêver d’un duel Biya-Tumi à la présidentielle attendue.
Les deux hommes, idéologiquement aux antipodes, pourraient s’affronter dans le cadre de cette élection présidentielle.
Selon un ancien ministre, ‘’Je vois en cet homme d’église le Mandela camerounais. Lui seul a encore suffisamment d’autorité morale pour parler en tout temps au peuple et le convaincre. Lui seul dispose de suffisamment de charisme pour réconcilier les Camerounais entre eux. Et de faire refermer les plaies du passé. A l’instar des espoirs que le peuple de Dieu plaçait en l’avènement du messie, l’entrée de Christian Tumi en politique serait, à mon avis, facteur de grand changement et de confiance en l’avenir’’.
Faute d’un leader de l’opposition qui se dégage de la meute des partis, beaucoup se tournent vers le Cardinal Tumi pour essayer de reprendre espoir. Le cardinal Christian Tumi, archevêque de Douala, a officiellement pris sa retraite le 17 novembre. On se souvient que lors des présidentielles de 2004, le prélat aujourd’hui retraité avait déjà été pressentie par une bonne frange de l’opinion pour sauver l’opposition en mal de candidat unique.
Il ne cachait pas sa sympathie pour l’opposition, trouvant même très réfléchie le concept d’une candidature unique. L’idée de faire de lui l’unique challenger de Paul Biya avait emballé l’opinion. Mais le cardinal déclina l’offre. Toutefois il déclara : ‘’Depuis l’indépendance, je n’ai jamais connu d’élections transparentes. Les Camerounais ne s'intéressent plus à la vie politique parce qu'ils ne voient pas ce que la politique fait pour eux. Ils ont déjà commencé à vivre comme s'ils n'étaient pas gouvernés. Chacun se débrouille dans son coin. Et sait qu'il n'y a rien à attendre du gouvernement ‘’.
Le cardinal passera-t-il enfin du verbe à l’action ? "Tant que les gouvernants actuels sont au pouvoir le Cameroun ne se portera pas bien. Et s'ils veulent y rester à tout prix, cela pourrait pousser à la violence", s’était-il enflammé dans un entretien à l’Agence France presse en 2007. Au mois d’Avril de la même année, Christian Wiyghan Cardinal Tumi commet un ouvrage à fort parfum politique: ‘’Les deux régimes politiques d’Ahmadou Ahidjo, de Paul Biya et Christian Tumi, prêtre (éclairage)’'.