Le chef de la junte guinéenne se trouve au Burkina Faso. Il a quitté le Maroc où il était hospitalisé depuis un mois suite à la tentative d'assassinat dont il a été victime le 3 décembre mardi dernier. Il est arrivé au Burkina Faso pour y "poursuivre sa convalescence", a annoncé mercredi le ministère burkinabé des Affaires étrangères. L’arrivée du Chef de la junte dans la capitale burkinabé a été une surprise pour les autorités politiques de cette ville qui d’après les dires ne l’attendaient pas.
Selon une source de la présidence burkinabé Dadis Camara serait lucide. « Il parle. Il a été soutenu à la sortie de l’avion par deux personnes et marche difficilement. Confirme la source. » Arrivé à bord d'un vol spécial marocain, il a été accueilli par Blaise Campaoré le président du Burkinabé et surtout le médiateur de la crise guinéenne née du coup d’état du 23 décembre 2008 et qui s’est brutalement aggravée avec le massacre selon l’ONU de près de 150 opposants au stade de Conakry le28 septembre 2008.
Beaucoup s’interrogent sur la présence de Dadis Camara au Burkina Faso et cherchent à savoir si c’est un exil ou juste un transit. Cependant, selon les déclarations du ministre burkinabé des affaires étrangères hier, Moussa Dadis Camara "poursuivra sa convalescence" à Ouagadougou.
Inquiétude de la Communauté internationale
Un éventuel retour du capitaine putschiste dans son pays suscite déjà de vives inquiétudes au sein de la communauté internationale. « Tout effort de la part de Dadis de retourner en Guinée nous préoccuperait », a très vite réagi à Washington un responsable du Département d'Etat. Les Etats-Unis réclament depuis des mois le départ de la junte et l'organisation d'un gouvernement de transition, qui serait chargé de préparer des élections démocratiques dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, premier exportateur mondial de bauxite.
Sur ce dossier sensible, Paris est sur la même ligne que Washington. Il avait annoncé que le Premier ministre de la transition serait "issu de l'opposition" et "désigné par elle-même". Mais à ce jour, les opposants n'ont pas réussi à choisir une personne pour occuper ce poste stratégique avant l'organisation d'élections générales.
Hervé Villard Njiélé