Un accord de sortie de crise en Guinée a été signé le 15 janvier à Ouagadougou, prévoyant un maintien « en convalescence » à l’étranger du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara et la tenue d’une élection présidentielle dans « six mois ».
Après deux jours de difficiles tractations, l’accord a été signé par le capitaine Camara, le président intérimaire le général Sékouba Konaté et le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabè Blaise Compaoré. Dans le même temps, les opposants à la junte, incapables de s’entendre, ont proposé deux noms au poste de Premier ministre de transition : l’opposant Jean-Marie Doré et le leader syndicaliste Rabiatou Sérah Diallo. Ils laissent ainsi le choix au général Konaté de le désigner à leur place.
Le chef de la junte, blessé à la tête par balle lors d’une tentative d’assassinat le 3 décembre, « prend librement un temps de convalescence tout en restant disponible pour apporter sa contribution aux acteurs de la transition », selon le texte de l’accord qui ne précise pas s’il restera au Burkina.
La communauté internationale, France et Etats-Unis en tête, redoutait plus que tout un retour en Guinée du capitaine Camara, mis en cause avec d’autres par des enquêteurs de l’Onu pour sa participation au massacre de plus de 150 opposants le 28 septembre à Conakry.
L’accord prévoit aussi la création d’un « Conseil national de transition (Cnt), organe politique délibérant, dirigé par une personnalité religieuse », la mise en place d’un « gouvernement d’union » dirigé par un « Premier ministre, président du Conseil des ministres, issu du Forces vives » (opposition, syndicats et Société civile) et l’organisation d’une élection présidentielle « dans six mois ». Le document prévoit également que « les membres du Conseil national de transition, le chef d’Etat de transition, les membres du Cndd (Conseil national pour la démocratie et le développement, junte), le Premier ministre, les membres du gouvernement d’union nationale et les membres de forces de défense et de sécurité en activité » ne participeront pas à ce scrutin crucial.
Il prévoit aussi, sans plus de précision, « le recours à des observateurs civils et militaires de la Cedeao », la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest. Cet accord intervient après de difficiles tractations de haut niveau entamées mercredi soir à Ouagadougou.