Le gouvernement ivoirien a décidé de demander au secrétaire général de l'Onu la mise en place d'une commission d'enquête internationale sur l'attentat manqué du 29 juin à Bouaké (centre) contre le Premier ministre Guillaume Soro, a-t-on appris jeudi de source officielle à Abidjan.
La Côte d'Ivoire souhaite "faire la lumière sur l'attentat de Bouaké" et a "décidé de saisir le secrétaire général des Nations unies (Ban Ki-moon) aux fins de la mise en place d'une commission internationale d'enquête", indique un communiqué transmis jeudi à l'AFP, rendant compte du conseil des ministres extraordinaire tenu la veille.
"A cet effet, le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères (Youssouf Bakayoko) et le Garde des sceaux ministre de la Justice (Mamadou Koné) ont été instruits pour prendre dans les meilleurs délais les dispositions utiles", poursuit le texte, rappelant cependant qu'"une information judiciaire a déjà été ouverte au plan national".
La demande du gouvernement ivoirien devrait être remise jeudi au représentant intérimaire du secrétaire général de l'Onu à Abidjan, Abou Moussa, a précisé mercredi à l'AFP un ministre ayant pris part au conseil.
Par ailleurs, la première visite du président ivoirien Laurent Gbagbo en zone rebelle, reportée à deux reprises, a officiellement été fixée au 30 juillet, souligne le même texte, confirmant l'information donnée la veille par un ministre ivoirien sous couvert de l'anonymat.
M. Soro, également chef de la rébellion des Forces nouvelles (FN), est arrivé lundi à Abidjan en provenance de Ouagadougou. Il s'y était rendu après l'attentat à l'arme lourde qui a visé son avion le 29 juin à Bouaké, quartier général des FN.
L'attaque a fait au moins quatre tués et plus d'une dizaine de blessés dans sa délégation.
Aucune information n'a été donnée jusqu'ici sur les auteurs ou les commanditaires de cette attaque, toutes les hypothèses restant ouvertes.
La Côte d'Ivoire est coupée en deux depuis l'échec du coup d'Etat des FN contre le président Laurent Gbagbo en septembre 2002, chacun contrôlant une moitié du pays. Les deux camps ont amorcé une réconciliation en mars dernier avec la signature d'un accord de paix entre MM. Gbagbo et Soro, nommé depuis Premier ministre.