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La Guinée équatoriale de nouveau fustigée pour les violations des droits de l'Homme

PAR afp on Aout 20,2007

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Pointée du doigt depuis des lustres par les défenseurs des droits de l'Homme pour ses violations répétées dans ce domaine, la Guinée équatoriale fait à nouveau l'objet de sévères critiques, malgré de timides tentatives pour redorer son blason.

Une mission mandatée par le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a vertement critiqué à la mi-juillet la situation des détenus dans ce petit pays d'Afrique centrale, 3e producteur de pétrole subsaharien.

"La situation générale relative à la privation de liberté continue d'être un sujet de profonde préoccupation", écrit-elle.

Détentions extra-judiciaires, mauvais traitements pour obtenir des aveux, détenus menottés, voire enchaînés à leur lit, civils jugés par des tribunaux militaires, détenus non enregistrés, non-respect des procédures légales, nourriture et eau insuffisantes... la liste des violations constatées est longue. Le tout sur fond d'"impunité fréquente" de leurs auteurs.

Des critiques qui ne sont pas nouvelles. Amnesty International dénonce depuis longtemps les conditions de détention extrêmement dures à la prison de Black Beach à Malabo, évoquant des détenus affamés ou laissés sans soins.

Durant plus de 20 ans, le représentant spécial sur la situation des droits de l'Homme de l'ONU à Malabo, Gustavo Gallon (Colombie), a fermement dénoncé l'arbitraire que fait régner le régime du président Teodoro Obiang Nguema, qui dirige d'une main de fer le pays depuis 1979.

En Guinée équatoriale, "toute personne peut être détenue à n'importe quel moment et pour n'importe quel motif, sans aucun recours possible contre une décision arbitraire", déclarait-il en avril 2002.

Le boom pétrolier et la croissance économique à deux chiffres depuis les années 90 - et dont ne profite pas la grande majorité de la population - ont plus de poids pour faire taire les critiques que les récentes mesures prises par les autorités.

L'adoption fin 2006 par la Guinée équatoriale d'une loi interdisant la torture, quatre ans après avoir ratifié la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, n'a pas eu beaucoup d'effets sur la situation des droits de l'Homme.

Pas plus que les réformes du système judiciaire récemment entreprises ou les séminaires sur les droits de l'Homme organisés depuis peu à l'intention des forces de l'ordre.

Mais les critiques des ONG ou de l'opposition ne trouvent que peu d'écho auprès des capitales occidentales. Le pétrole équato-guinéen est essentiellement exploité par des entreprises américaines. La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a ainsi qualifié en avril 2006 de "bon ami" le président Obiang, alors en visite à Washington.

La France se fait discrète. Bien qu'hispanophone, la Guinée équatoriale, est membre de la Francophonie et a adopté en 1998 le français comme deuxième langue officielle. Et quelques entreprises françaises, comme France Télécom, s'installent sur le prometteur marché équato-guinéen.

Seule l'ex-puissance coloniale espagnole n'épargnait pas jusqu'à récemment le régime de Malabo.

Mais fin 2006, le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, estimait que la situation des droits de l'Homme en Guinée équatoriale s'était récemment "améliorée de manière significative". Il avait tenu ces propos avant la première visite - controversée - du président Obiang en Espagne en 15 ans.


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