Elle a officiellement mis fin au débat hier au cours d’une conférence de presse transformée en meeting.
“ J’ai l’honneur de venir auprès de votre haute autorité vous faire tenir ma lettre de démission comme député à l’Assemblée nationale, afin de pouvoir exercer mes fonctions à la mairie de la commune de Douala V. ” Telle est la teneur d’une lettre adressée au président de l’Assemblée nationale vendredi 16 novembre 2007 par Françoise Foning. Cette correspondance a été officiellement remise à la presse à Douala.
“ Dans la vie, il faut savoir respecter la parole donnée, savoir perdre. Il faut respecter la loi et la constitution. Même si la mairie est au tribunal, je suis une militante combattante, j’ai remis ma démission entre les mains du président de l’Assemblée nationale, et j’ai présenté mon suppléant aux responsables ”, précise Foning.
Religieusement assis à ses côtés, Célestin Ketchanga (qui occupera désormais le siège laissé) ne tarit pas d’éloges à l’endroit de celle qu’il appelle “ maman ”. Pour lui, ce que “ maman ” fait aujourd’hui ne représente pas le dixième de ce qu’elle a fait dans sa vie. “ Je ne serai pas capable de payer tout cela, ni même retourner l’ascenseur ”, conclut-il.
A propos de l’argent, qui aurait circulé entre les deux mousquetaires, Françoise Foning précise que Ketchanga ne lui a jamais donné de l’argent. Pour elle, il faut apprendre à évoluer sans argent, car “ il y a des gens qui acceptent certaines choses sans tenir compte des intérêts ”, dit-elle.
Femme d’affaires
Françoise Foning a aussi profité de cette tribune pour annoncer son voyage dans les prochains jours en Egypte, où elle va participer au Congrès des Femmes chefs d’entreprises mondiales (Fcem). Elle va surtout briguer un second mandat à la tête de cette structure. Pour cela, elle remercie le couple présidentiel de son soutien. Elle en demande davantage. Elle souhaite surtout que l’on prie pour elle. Car, en Egypte, elle défendra le Cameroun. Et de se plaindre de “ la campagne d’intoxication intense ” dont elle a été victime dans la presse pendant les cinq (5) mois du processus électoral au Cameroun. Elle supplie la presse dans son ensemble de lui accorder un sursis de quinze (15) jours pour conquérir l’Egypte, “ après quoi, vous pourrez titrer tout ce que vous voulez”, dit-elle.
Duplicité
Cette sortie de Françoise Foning ressemble à une cérémonie pour rassurer son suppléant de sa bonne foi. Depuis jeudi 15 novembre, le doute planait sur l’attitude de Françoise Foning, doute relayé dans Le Messager du 16 novembre. Votre journal se demandait si sa démission annoncée de la mairie était “ effective ou virtuelle. ”. Même la Crtv annonçait déjà jeudi soir la démission de la “ mère ” de son poste de maire de Douala Vème, toujours eu égard à son attitude ambiguë. C’est ce même jour, 16 novembre, que Françoise Foning a signé sa lettre de démission. Librement ou pour donner un gage à son suppléant et démentir ce que la presse relayait, voire.
Dans le même ordre d’idée, on note aussi la volte-face de Philémon Adjibolo, député Rdpc de la Kadey, et président de la Chambre d’agriculture. Aujourd’hui, il clame n’avoir jamais démissionné de la Chambre d’agriculture, car n’ayant pas adressé une lettre dans ce sens au président de la République qui l’a nommé. Il dit avoir plutôt demandé au secrétaire général de l’Assemblée nationale d’acheminer une lettre dans ce sens à la présidence de la République. Puisque le secrétaire général de l’An insistait pour avoir sa démission. De toute évidence, Philémon Adjibolo a du mal à se soumettre à l’article 24 de la loi fixant condition d’élection des députés à l’Assemblée nationale, qui stipule que “ le mandat de député est également incompatible avec les fonctions de président du conseil d’administration ou de statut de statut de salarié dans un établissement public ou parapublic. ”