Pascal Anong Adibime décide de mettre de l’ordre dans certains de ses services extérieurs.
La devanture de l’immeuble abritant certains services extérieurs (provincial du Littoral et départemental du Wouri) du ministère des Domaines et des affaires foncières (Mindaf) au quartier Bonanjo (jouxtant l’hôtel de ville, en face de l’immeuble Pochard) à Douala, ne désemplit pas depuis hier, mardi 11 décembre. L’attention de tout passant est attirée par des scellés apposés la veille, lundi 10 décembre, à l’entrée principale de cet édifice. Sur un bout de papier accompagnant ces scellés, l’on peut lire : “ Commissariat central n°1. PV n°2342 du 10/10/2007. Scellé constitué du portail central du service départemental de cadastre. ” Sous la date (10/12/2007) portée sur cette feuille, se trouve la signature de l’officier de police de 2ème grade Bayo. “ Les personnes venues apposer ces scellés étaient conduites par le préfet du département du Wouri ”, confie un cadre du Mindaf rencontré sur les lieux.
A près de deux cent (200) mètres de cet immeuble (en face de ancien Air Afrique, en descendant vers Akwa), un édifice abritant d’autres services du Mindaf, à aussi des bureaux scellés. “ En tout, c’est quatre services qui sont scellés : la Conservation du département du Wouri, le service provincial du Cadastre, le service départemental du Cadastre et le service départemental des Domaines. Ils ont été scellés à la demande du ministre des Domaines et des affaires foncières, Pascal Anong Adibime. Nul ne s’attendait à la descente d’une équipe devant apposer des scellés. Nos collègues de ces services ont été tous surpris. Ils ont simplement été priés de sortir de leurs bureaux, sans rien prendre ”, raconte un fonctionnaire du Mindaf, en service à la délégation provinciale du Littoral. Cette dernière n’est pas concernée par les scellés.
Trafics
Que s’est-il passé pour que des services publics soient scellés ? Les commentaires vont bon train. Chacun avance une quelconque raison. Approchés par Le Messager, aucun des agents travaillant dans les services scellés ne veut s’exprimer à découvert. De leurs confidences, il ressort que ces scellés sont le bienvenu. Car, ce sont les centres de tous les faux en matière de délivrance des titres fonciers à Douala. “ Les principaux responsables de ces services (Irène Emma Ntondo de la Conservation du Wouri, Amadou Hamadou du service provincial du Cadastre, Tembi du service départemental du Cadastre et le chef service départemental des Domaines) ont été à Yaoundé à plusieurs reprises ces trois derniers mois, pour des réunions avec le ministre, au sujet des multiples problèmes fonciers qui causent des désordres dans la ville de Douala ”, révèle un agent des Domaines du Wouri. Cet agent va plus loin en confiant que, le vrai centre de tous les faux en matière de problèmes fonciers dans la ville de Douala, est la Conservation du Wouri.
Arrivée à la Conservation du Wouri au début de l’année en cours, la conservatrice foncière Irène Emma Ntondo, hérite de plusieurs dossiers de litiges fonciers laissés par son prédécesseur, Alexandre Ekoueye. Celui-ci est accusé de toutes parts. Sous Irène Emma Ntondo, d’autres problèmes fonciers sont portés à son appréciation. Et, les arbitrages ne font pas toujours l’unanimité. De nombreux soupçons de corruption se font entendre par-ci et par-là. En visite dans la capitale économique quelques semaines après sa nomination au Mindaf, Pascal Anong Adibime est saisi par plusieurs plaintes portant sur des litiges fonciers. Il convoque et préside plusieurs réunions avec les chefs des services extérieurs du Mindaf, les chefs de villages, les propriétaires ou supposés propriétaires terriens, et les personnes en conflit. A l’issue de toutes ces réunions, il décide de l’annulation de plusieurs titres fonciers dont ceux octroyant mille (1000) hectares de terrain à Me Benjamin Matip (avocat) dans trois villages (Ngombè, Ngoma et Lendi) du canton Bassa du Wouri, à Pk24 (confère Le Messager n°2469 du mercredi 3 octobre 2007 et Le Messager n° 2478 du mercredi 17 octobre 2007).
Des scellés ont aussi été apposés dans d’autres services extérieurs du Mindaf à Yaoundé, Bafoussam, Ngaoundéré et d’autres villes. Les fonctionnaires des ces services publics sont dans l’expectative. Ils attendent la prochaine étape des mesures prises par Pascal Anong Adibime pour essayer d’assainir son département ministériel.