Une lutte sans merci oppose désormais les tenants de l’immobilisme(Tobbo Eyoum) et ceux qui souhaitent une dynamique nouvelle pour le RDPC(Lenguè Malapa, maire de Douala 1er). Le meeting du 23 décembre à Douala en est la parfaite illustrationUne lettre en date du 18 décembre, signée par Tobbo Eyoum « membre du bureau politique » évoque en un paragraphe, le crime de lèse majesté dont se serait rendus coupables les présidents des section Wouri I,II,III,IV en programmant le meeting du 23 décembre dernier pour se prononcer au sujet de la révision constitutionnelle en débat.: « j’ai le devoir de vous rappeler quepar décision de son excellence Paul Biya, le Wouri fait partie des circonscriptions politiques qui sont placées sous la responsabilité d’une délégation du comité central, chargée de la coordination et du suivi des activités du parti ».Le meeting a quand même eu lieu, agrandissant le fossé qui existe entre Tobbo Eyoum et la base du parti, qui conteste de plus en plus ouvertement son poste qualifié de non statutaire, de coordonnateur des activités du RDPC dans le Wouri. Le président de la section Wouri 1 et ci devant maire de Douala 1er l’a dit publiquement en dénonçant certains camarades (sic) qui « veulent entretenir une inopportune opposition » au sein du RDPC pour « des raisons purement égoïstes, oubliant les cruelles leçons du double scrutin de juillet dernier et les malheureuses conséquences de la division ».Le succès du meeting suivi d’une marche organisé le 23 décembre à Douala pour « manifester d’une voix forte, intelligible et audible dans le pays tout entier »pour la non limitation du mandat présidentiel, est venu démontrer que dans le parti des flammes, il existe des fritures sur le réseau. Cette sortie pour le moins inhabituelle de Lenguè Malapa fait remonter en surface les luttes d’influences non pas contre la révision constitutionnelle en débat, mais à cause des guerres de positionnement qui font rage à Douala, entre Tobbo Eyoum et les jeunes loups aux dents longues, notamment le Tandem Lenguè Malapa et le député Dooh Collins.
Pourtant, selon le maire de Douala Premier et hôte du meeting en tant que président de la section de Wouri 1, à l’unanimité des structures du parti dans le département du Wouri, les responsables de base ont pris le soin d’informer « la haute hiérarchie du parti et le secrétaire général du comité central » des démarches qui ont abouti au meeting du 23 décembre. Les présidents des six sections ont en effet adressé le 13 novembre dernier une motion de soutien au président Paul Biya et suggérant depuis cette date la tenue d’un grand meeting sur le sujet de la révision constitutionnelle.
Pour des raisons personnelles, quelques îlots de mécontentements qui ont brillé par leur absence au meeting, parmi lesquels Tobbo Eyoum, Armande Din Bell, député sortant ou encore Elise Fampou, embarquée dans cette charrette à contre courant de la dynamique nouvelle,ont trouvé à redire sur cette initiative en la trouvant « politiquement inopportune ».Selon Tobbo en effet, le Wouri avait déjà pris position sur le débat actuel relatif à la révision constitutionnelle sous l’instigation de la coordination du parti. D’où son boycott du meeting du 23 décembre qui a vu la participation des présidents de section tels que Lengue Malapa (Wouri I) Relouanou (Wouri II) Manga Zang (Wouri III), Longo Sosso (Wouri IV)A coté, l’on a pu constater une adhésion massive de la base et des cadres du parti, tous horizons confondus dont les contributions multiformes, dira Lenguè Malapa dans son discours d’ouverture, ont permis le succès du meeting. Parmi ces contributions, il est à signaler la présence du Délégué du Gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala dont le soutien a été publiquement salué par le maire de Douala 1er.Il faut surtout noter ce cours magistral donné par Dooh Collins qui a entretenu les militants sur le bien fondé d’une révision constitutionnelle, qui apparaît comme un exercice constant de la démocratie, avec le nécessaire ajustement de la loi fondamentale par rapport à la situation et l’évolution politiques. Au cours de l’histoire et assez souvent, cela se fait et s’est fait en ailleurs, notamment en Europe et en Amérique.
Le moins que l’on puisse dire c’est que le meeting du 23 décembre a été dans le Wouri, un excellent baromètre de l’état d’esprit du parti à Douala où une lutte sans merci oppose désormais les tenants de l’immobilisme et ceux qui souhaitent une dynamique nouvelle pour le RDPC.