OUAGADOUGOU (AFP) - Le chef de la rébellion ivoirienne, Guillaume Soro, s'est déclaré mardi à Ouagadougou disposé à entamer "un dialogue direct" avec le président ivoirien Laurent Gbagbo.
"Nous avons rencontré le président (burkinabè) Compaoré dans le cadre du règlement pacifique de la crise en Côte d'Ivoire et lui avons dit notre disponibilité à participer au dialogue direct proposé par le chef de l'Etat ivoirien", a déclaré à la presse M. Soro à l'issue d'un entretien avec le président Blaise Compaoré.
"La médiation du président Compaoré, président de la Cedeao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest) mandaté par tous ses pairs, est la bienvenue", a dit M. Soro, leader des Forces nouvelles (FN, rébellion ivoirienne) et ministre d'Etat ivoirien.
Il a en outre précisé avoir été "mandaté par les partis politiques d'opposition ivoiriens" pour conduire le dialogue avec M. Gbagbo, en vue d'une sortie de crise en Côte d'Ivoire.
Mercredi, les présidents Compaoré et Gbagbo auront des entretiens à Bobo-Dioulasso (ouest) pour évoquer la crise en Côte d'Ivoire, selon la présidence burkinabè.
Selon la radio publique burkinabè, Guillaume Soro assistera aussi à ces discussions.
M. Compaoré, élu samedi président en exercice de la Cedeao, a par ailleurs été sollicité en tant que "facilitateur" par M. Gbagbo qu'il doit rencontrer mercredi à Bobo-Dioulasso, a indiqué mardi la présidence burkinabè dans un communiqué.
"(Il) a été sollicité par le chef de l'Etat ivoirien pour jouer le rôle de facilitateur du dialogue direct qu'il (M. Gbagbo) entend entreprendre avec les Forces nouvelles", selon ce communiqué.
"La mise en oeuvre du processus de sortie de crise en Côte d'Ivoire sera le principal sujet à l'ordre du jour de cette rencontre", selon la même source.
Le 19 décembre 2006, Laurent Gbagbo avait proposé l'instauration d'un "dialogue direct" immédiat avec les rebelles qui contrôlent le nord du pays depuis leur tentative de coup d'Etat en septembre 2002.
Lundi, il avait annoncé qu'il allait entamer ce dialogue "cette semaine".
La Côte d'Ivoire est toujours en crise et le processus de paix mené sous l'égide de l'ONU est dans l'impasse.
Après la rencontre de Bobo-Dioulasso, M. Compaoré quittera le Burkina Faso pour la Libye, selon un communiqué de la présidence reçu par l'AFP.
Le président ivoirien Laurent Gbagbo est également attendu mercredi à Tripoli pour participer au 8e sommet de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad).