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Cameroun : les émeutes donnent lieu à une répression d’envergure

PAR afrik.com on Mars 10,2008

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La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et son organisation membre au Cameroun, la Maison des droits de l’Homme du Cameroun (MDHC), demeurent particulièrement préoccupés par la répression ordonnée par les autorités camerounaises en réponse aux troubles qui agitent le pays depuis le 25 mars et en condamnent la virulence et les excès.

La FIDH et la MDHC ont été informées, par des sources concordantes, que le bilan des émeutes ayant suivies les manifestations du 25 février 2008 auraient fait plusieurs dizaines de victimes, des milliers d’arrestations et des centaines de jugements en comparution immédiates sur l’ensemble du territoire camerounais.

Ainsi, dans les seules villes de Loum, Kumba, Bamenda, Buéa, Basang, Limbe et Njombé-Penja, le bilan s’élèverait déjà à près de 35 victimes. A Douala et Yaoundé, où les affrontements entre les civils et les forces de la police, des militaires et de la Gendarmerie ont été particulièrement violents, on dénombrerait aussi plusieurs dizaines de morts et plus de 2000 arrestations parmi la population civile.

La FIDH et la MDHC sont particulièrement préoccupées par l’utilisation disproportionnée de la force par les agents de l’État, par l’ampleur des arrestations qui sont largement indiscriminées et par le traitement des personnes arrêtées. Ainsi, les personnes interpellées sont actuellement jugées de manière expéditive en violation des règles du Code de procédure pénale camerounais et de toutes dispositions pertinentes des conventions régionales et internationales qui garantissent les droits de la défense. En effet, les prévenus sont présentés 6 par 6 aux audiences qui ne durent, en moyenne, que 5 minutes et au cours desquelles la présentation de preuves tangibles ou de témoins sont subsidiaires. « La plupart des gens arrêtés ici n’étaient que des curieux qui se trouvaient à proximité des émeutes pour voir ce qui se passait », aurait déclaré un gendarme qui comparaissait pour l’accusation au procès de plusieurs manifestants le vendredi 29 février 2008 à Douala. Par ailleurs, les procureurs semblent utiliser toutes les ressources du code pénale pour accuser les personnes présentées : les charges vont du « défaut de présentation de carte d’identité nationale » à « manifestations sur la voie publique, attroupement, port d’armes, destructions, rébellion en groupe et violences à fonctionnaires, pillages et vol » etc. Les peines prononcées vont de six mois à plus de cinq ans de prisons.

La FIDH et la MDHC s’inquiètent aussi des pressions exercées sur les médias dès lors qu’ils ne relaient pas l’information officielle. Des journalistes sont inquiétés ou arrêtés, tel que Jean Blaise Mvié, directeur de publication du journal "La Nouvelle Presse" qui a par la ensuite été relâché. Des médias ont été vandalisés et fermés comme la station de radio "Magic FM" à Yaoundé. Cette dernière avait organisé un débat le 27 février peu après l’intervention télévisé du président Paul Biya et au cours duquel ce dernier a été sévèrement critiqué quant à la gestion de la crise et sa volonté de modifier la constitution afin d’obtenir un nouveau mandat. Le lendemain, leurs bureaux étaient saccagés, le matériel confisqué et la station radio fermée.

Dans ce contexte, les défenseurs des droits de l’Homme demeurent menacés. Pour avoir dénoncé les violations des droits de l’Homme perpétrées actuellement au Cameroun, notamment auprès des médias internationaux, Mme Madeleine Afité, présidente de la MDHC, a été menacée de mort à plusieurs reprises ces derniers jours et sa voiture a été saccagée dans la nuit du 5 au 6 mars 2008. Enfin, le 7 mars 2008, au journal de 13h de la radio nationale Cameroun Radio Télévision (CRTV), le présentateur a parlé d’« une inconnue, sortie de nulle part, une femme qui se prétend défenseur des droits de l’Homme et qui se fait entendre sur le plan international alors qu’elle ne dit rien de vrai » ciblant par ce portrait Mme Afité qui s’est exprimée à plusieurs reprises dans les médias internationaux ces derniers jours.

La FIDH et la MDHC appellent les autorités camerounaises à :

- Garantir l’intégrité physique et le droit à la vie des populations civiles et des défenseurs des droits de l’Homme conformément à la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples et le Pacte international sur les droits civils et politiques ;

- Mettre un terme à l’utilisation disproportionnée de la force publique et à la pratique des arrestations massives et sans discernement ;

- Garantir un jugement juste et équitable aux personnes arrêtées dans le cadre des troubles sociaux conformément à la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples et le Pacte international sur les droits civils et politiques, notamment en respectant le droit à la défense et au principe de recours judiciaires ;

- Garantir les liberté de presse, d’information et de diffusion des journalistes et des défenseurs des droits de l’Homme ;

- Établir toute la vérité sur les responsabilités et les auteurs des violations des droits de l’Homme, en particulier les exécutions sommaires et extra-judiciaires, afin de les traduire devant la justice ;

La FIDH et la MDHC appellent :

- L’Union aficaine et la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples à se saisir de la situation au Cameroun ;

- Le Haut-Commissaire des Nations unies à déployer d’urgence une équipe d’enquête afin de recueillir les informations sur les violations des droits de l’Homme devant permettre l’établissement de la vérité, de la justice et réparations pour les victimes ;


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  • image COMMUNIQUE DE PRESSE N°00103 L'Association des Journalistes pour la Défense de la Presse dénonce C’est avec une profonde colère et une indignation notoire que l’Association des Journalistes pour la Défense de la Presse (AJODEP) a appris la violente agression du journaliste Philippe Boney par le célèbre Samuel Eto’o Fils, goléador des Lions Indomptables du Cameroun et du F.C. Barcelone en Espagne, aidé en cela par ses gardes de corps, au sortir d’une conférence de presse d’avant match avortée, pendant que Idriss Carlos Kameni, gardien de but des Lions Indomptables et curieusement Thomas Nkono, l’entraineur des gardiens de buts s’occupaient à saisir les téléphones portables ou les caméras des reporters qui tenaient à immortaliser le scandale. La victime s’en est sortie avec la bouche enflée et une double-fracture à la main gauche. Selon les informations recueillies par l’AJODEP, cet acte ignoble a été précédé des injures orduriers, à ras de terre, qu’il a proféré en salle à l’endroit des journalistes, avec des mots à la fois graves, inadmissibles et révoltants tels « connards, bâtards, fils de putes, bande de vauriens… ». L’AJODEP condamne avec la dernière énergie cet énième coup de force contre les ouvriers de la plume et du micro, perpétré cette fois-ci par un joueur, qui reste un joueur, fut-il de renommée planétaire, qui vient démontrer, une fois de trop, la situation dans laquelle vit le journaliste au Cameroun. Ceci est d’autant plus grave que dans ce cas précis, l’AJODEP observe un incroyable mutisme du Ministre des Sports et de l’Education Physique (tutelle du football au Cameroun) qui semble ranger ce scandale dans le cadre d’un étrange problème de famille ou d’une certaine commission d’enquête ; du Ministre de la Communication (tutelle des journalistes au Cameroun) qui semble ne pas être au courant d’une affaire aussi grave, tout comme la Fécafoot (instance faîtière du football au Cameroun). Conséquence, on est loin d’une sanction symbolique à cet effet. Hier encore, lors des émeutes de février 2008, les journalistes se plaignaient d’être victimes de violences injustifiées de la part des forces de l’ordre. Des graves atteintes ont été enregistrées, et dont le but était vraisemblablement de mettre à l’abri des témoins gênants que sont les journalistes. C’est ainsi que Magic FM, une radio émettant à Yaoundé, et la radio-télévision Equinoxe ont été fermés en février dernier. Liliane Nyatcha, journaliste à la télévision Stv, a vu au cours du même mois ces appareils de reportage confisqués par des gendarmes, alors qu’elle couvrait les émeutes. David Nouwou Rédacteur en Chef du quotidien La Nouvelle Expression a été agressé au poste de police de Bonabéri, alors qu’il s’y était rendu pour se présenter et tirer les informations à bonnes sources. Eric Golf Kouatchoua, Tsekeuli Awountsa Edmond Roméo, ont subi des atrocités et des sorts différents. Ce dernier; journaliste à la Missive et membre de notre association, ancien reporter à Canal 2 International a été particulièrement suivi même en privé dans sa famille pour des raisons non encore élucidées, au point où Roméo Tsekeuli est pratiquement introuvable aujourd’hui. A-t-il rendu son tablier? ou a-t-il été finalement traqué quelque part par ses bourreaux des chasseurs? Bien auparavant, c’est Jean Bosco Talla qui était arrêté à Zoétélé alors qu’il était en pleine investigation sur le terrain. C’est aussi le cas de Sévère KOUAMEN, correspondant du journal Le Messager à Kribi, qui a séjourné du 30 au 31 mai 2008, pour avoir publié un article sur le fils de feu général Bénaé. Il y a quelques jours, des journalistes ont été entendus à la pelle, soit à la police judiciaire, soit chez le procureur de la république. C’est le cas de Marie Noëlle GUICHI et Jean François CHANNON du journal Le Messager, Alex Blaise Batongué et Leger Ntiga du journal Mutations, Ananie Rabier Bindji de Canal 2 International, de Thierry Ngongang de la Stv, de Alex Gustave Azébazé, de Jean-Marc Soboth qui ont été auditionnés pendant des heures soit pour diffamations, publications interdites, outrage à corps constitué, affaire Albatros, etc., ou pour dévoiler leurs sources d’information. Ce qui est interdit par la loi. Fort de ce constat, l’AJODEP : - s’inquiète et dénonce ces atteintes au droits de la presse, ces pressions exercées sur les médias et les journalistes, dès lors qu’ils diffusent des informations qui gênent le gouvernement. Ce qui est une entrave à la liberté d’expression ; une notion chère à la démocratie, - dénonce le climat d’insécurité qui entoure le journaliste au Cameroun, - rappelle qu’il appartient aux autorités diverses de protéger la confidentialité de leurs messages ; étant entendu que pour le journaliste, c’est la confidentialité qui fait l’information - condamne avec la dernière énergie l’agression sauvage et indigne du footballeur Eto’o Fils sur le journaliste Philippe Boney, ainsi les actes de Idriss Kameni, gardien des Lions Indomptables, et de Thomas Nkono, ancien gardien des Lions indomptables et aujourd’hui encadreur, qui ont abîmé le matériel de certains reporters, - exige que des sanctions exemplaires soient prises par les autorités compétentes, à l’endroit de tous ces coupables, qui en principe devrait servir d’exemple à la jeunesse, - se désolidarise de l’émission, maladroitement organisée par Charles Ndongo, le 4 juin dernier après le journal télévisé en français au cours laquelle il a sacrifié la solidarité de corps, à travers un entretien « qui-lave » avec le goléador camerounais, - souhaite que le journaliste camerounais ne soit plus le bouc-émissaire de tous les temps dans l’actualité au Cameroun ; - sollicite la garantie de la liberté de la presse, d’information et de diffusion des journalistes. Fait à Douala - Cameroun, le 6 Juin 2008
    (PUBLIE PAR L'Association Président de l'Asssociation des Journalistes pour la Défense de la Presse dénonce, Juin 16, 2008, 10:25 PM)
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