header Accueil | Faire page accueil | Contactez-nous | Ajouter aux favoris |
Recherche dans le site   Recherche approfondie »
Archive
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031

Newsletter
Abonnement gratuit:

Sondage: Mondial 2010
Les gouvernements doivent-ils sanctionner leurs équipes nationales de football après leur déroute au Mondial?
Oui
Non
Bôf
Resultats | Archives


email ENVOYER A UN AMI | print Version imprimable | comment Commentaires (0 POSTE)

RD Congo - Rwanda: 3000 réfugiés rwandais sont déjà rentrés

PAR Fulgence Niyonagize et Baudry on Fevrier 20,2009

image

(Bukavu/Gisenyi) Les réfugiés rwandais, civils et combattants du FDLR, rentrent nombreux au pays depuis le déclenchement de l'opération militaire rwando-congolaise. Chacun avec son histoire, ses espoirs, ses craintes… Témoignages.

Près de 3 000 civils et 230 anciens FDLR seraient déjà rentrés au Rwanda, venant du Kivu, depuis la mi-janvier, selon les services chargés de leur recensement. Depuis ce moment, une opération militaire rwando-congolaise appelée umoja wetu (notre unité) est menée contre ces Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), pomme de discorde entre les deux pays. Ces combattants, dont beaucoup avaient participé au génocide de 1994 et s’étaient rendus coupables de nombre d'exactions en RD Congo, où ils s'étaient réfugiés, sont aujourd'hui poussés à rentrer au pays. Civils et militaires affluent actuellement dans les camps de transit en RDC avant de passer dans d'autres camps au Rwanda, à Cyangugu au sud et à Gisenyi à l’ouest.  Retrouver une vie normaleA Bukavu, le camp du HCR héberge une centaine de Hutus, venus essentiellement de Walikale où les FDLR étaient très présents. Alphonse Rusagoyi, un jeune homme de 19 ans, svelte et bruni par le soleil, est l'un d'eux. "Je veux à tout prix rentrer chez moi, retrouver mon frère aîné qui a 30 ans. Oublier et quitter cette vie animalière où personne ne croit en nous, s’exclame-t-il. J’en ai assez de me déplacer régulièrement, forcé de fuir les combats ou à la recherche du mieux-être." Assez des pluies abondantes dans les forêts, des cases couvertes de bâches, usées et trouées par les intempéries... En dépit de ces dures conditions de vie, "je ne suis pas rentré plus tôt parce que je ne connais pas bien mon pays (il avait 5 ans quand il a fui avec ses parents, Ndlr) et qu’on m’a toujours appris qu'étant hutu, le Tutsi ne me supporte pas." Maintenant que les troupes rwandaises entrées en RDC déstabilisent les bases des FDLR, "nous sommes plus libres de notre choix. La sensibilisation de la Monuc a aussi porté ses fruits sur la nécessité de rentrer", reconnaît-il. Beaucoup, comme lui, auraient voulu rentrer plus tôt, mais ils avaient peur d’être exécutés par les chefs des FDLR qui avaient enrôlé de force certains d’entre eux, enlevés tout jeunes dans les camps de réfugiés. C’est le cas du soldat Ndagijimana Théogène, 19 ans, rencontré au camp rwandais de Mutobo, qui héberge les anciens FDLR. Joseph Simparinka, un autre combattant, témoigne que celui qui osait partir était soit tué sur le champ, soit enfermé ou violemment frappé. Nzabandora Iyamuremye Philibert, le doyen du camp, lui est revenu volontairement : "J’aime la paix et j’ai combattu pour elle. Il était pour moi temps de donner aussi la paix aux Congolais".  Espoir de retrouvailles De nombreuses familles retrouvent aussi le chemin de leur pays comme Françoise Niruhiri et ses trois enfants, nés dans les différentes forêts congolaises qu’elle a sillonnées. Si, selon elle, les réfugiés rwandais en RDC ont su survivre en faisant mille et un petits travaux, l'intégration avec les populations locales, que rançonnaient et pillaient souvent les FDLR, ne s'est pas faite. À Walikale, aucun mariage n'a été conclu entre un membre de sa communauté et un Congolais. C'est vrai qu'il était difficile de distinguer les civils des militaires, reconnaît le sergent Martin Ruchogoza : "Tous les réfugiés apprennent à manier les armes pour se préparer à rentrer un jour chez eux par la force. Ils ne pouvaient qu’être confondus avec les combattants."Au Rwanda, de nombreuses familles espèrent retrouver les leurs perdus de vue depuis près de 15 ans. "J’ai passé une journée à la frontière en train de voir si je pouvais trouver un de mes cousins, mais je n’ai trouvé personne", dit une dame à Gisenyi. Après les attaques de l’armée rwandaise sur les camps de réfugiés en RDC en 1996, de nombreuses familles étaient rentrées, mais d’autres ont fui plus loin en RDC. Ce sont ceux-là qui regagnent enfin le pays. Certains ont de la chance. À son arrivée le caporal Silas Sindayigaya a rencontré ses frères commerçants et voisins : "Ils m’ont donné à manger et à boire, de quoi m'habiller, bref c’était la fête !"Ceux qui habitent plus loin sont embarqués dans les camions avec de la nourriture, des tentes et le prix du transport. Mais ils ont parfois du mal à se retrouver. A la gare routière de Gitarama, un groupe de réfugiés est entouré de monde : "Nous étions de la commune Kibilira et maintenant nous ne savons pas comment elle s’appelle et quel bus prendre". "C’est devenu le district Ngororero. Embarquez dans ce bus", répondent les curieux. Certains s'apitoient. Une maman tend un pain à un enfant qui pleure. "J’ai vécu plus de 30 ans en exil au Burundi, je sais ce que c’est", explique-t-elle.   Rééducation des combattantsSi les civils rentrent chez eux, les combattants sont eux regroupés dans le camp de Mutobo. Ils vont y passer deux mois de formation. "Nous avons un curriculum complet", affirme Musonera, directeur du camp, pour préparer leur réintégration en leur présentant les différents aspects du pays : entreprises, juridictions gacaca, lutte contre le génocide et son idéologie, femmes, intégration économique,…Contrairement aux années passées où les anciens combattants qui le désiraient intégraient l’armée, ce ne sera le cas d’aucun d'entre eux. Ils reçoivent 50 000 Frw (90 $) quand ils quittent le camp, puis 100 000 Frw (180 $) après deux mois sur leurs collines où ils sont suivis par la commission et les autorités locales. Beaucoup s'inquiètent. "Nous aurons des difficultés à nous réintégrer parce que vu la course au développement du pays, nous sommes vraiment dépassés", constate en hochant la tête le lieutenant Philibert. Fulgence Niyonagize au Rwanda et Baudry Aluma en RDCInfoSud - Syfia Grands Lacs

 


399 fois lu

AVEZ-VOUS APPRECIE CET ARTICLE ?

1 2 3 4 5 Rating: 4.50Rating: 4.50Rating: 4.50Rating: 4.50Rating: 4.50 (total 2 votes)
comment Commentaires (0 POSTE)
LES PLUS LUS
LES PLUS COMMENTES
LES PLUS ENVOYES
JOURNALISTE A PDN CONTACTS/ARTICLES