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Cameroun : les émeutes donnent lieu à une répression d’envergure


  • image COMMUNIQUE DE PRESSE N°00103 L'Association des Journalistes pour la Défense de la Presse dénonce C’est avec une profonde colère et une indignation notoire que l’Association des Journalistes pour la Défense de la Presse (AJODEP) a appris la violente agression du journaliste Philippe Boney par le célèbre Samuel Eto’o Fils, goléador des Lions Indomptables du Cameroun et du F.C. Barcelone en Espagne, aidé en cela par ses gardes de corps, au sortir d’une conférence de presse d’avant match avortée, pendant que Idriss Carlos Kameni, gardien de but des Lions Indomptables et curieusement Thomas Nkono, l’entraineur des gardiens de buts s’occupaient à saisir les téléphones portables ou les caméras des reporters qui tenaient à immortaliser le scandale. La victime s’en est sortie avec la bouche enflée et une double-fracture à la main gauche. Selon les informations recueillies par l’AJODEP, cet acte ignoble a été précédé des injures orduriers, à ras de terre, qu’il a proféré en salle à l’endroit des journalistes, avec des mots à la fois graves, inadmissibles et révoltants tels « connards, bâtards, fils de putes, bande de vauriens… ». L’AJODEP condamne avec la dernière énergie cet énième coup de force contre les ouvriers de la plume et du micro, perpétré cette fois-ci par un joueur, qui reste un joueur, fut-il de renommée planétaire, qui vient démontrer, une fois de trop, la situation dans laquelle vit le journaliste au Cameroun. Ceci est d’autant plus grave que dans ce cas précis, l’AJODEP observe un incroyable mutisme du Ministre des Sports et de l’Education Physique (tutelle du football au Cameroun) qui semble ranger ce scandale dans le cadre d’un étrange problème de famille ou d’une certaine commission d’enquête ; du Ministre de la Communication (tutelle des journalistes au Cameroun) qui semble ne pas être au courant d’une affaire aussi grave, tout comme la Fécafoot (instance faîtière du football au Cameroun). Conséquence, on est loin d’une sanction symbolique à cet effet. Hier encore, lors des émeutes de février 2008, les journalistes se plaignaient d’être victimes de violences injustifiées de la part des forces de l’ordre. Des graves atteintes ont été enregistrées, et dont le but était vraisemblablement de mettre à l’abri des témoins gênants que sont les journalistes. C’est ainsi que Magic FM, une radio émettant à Yaoundé, et la radio-télévision Equinoxe ont été fermés en février dernier. Liliane Nyatcha, journaliste à la télévision Stv, a vu au cours du même mois ces appareils de reportage confisqués par des gendarmes, alors qu’elle couvrait les émeutes. David Nouwou Rédacteur en Chef du quotidien La Nouvelle Expression a été agressé au poste de police de Bonabéri, alors qu’il s’y était rendu pour se présenter et tirer les informations à bonnes sources. Eric Golf Kouatchoua, Tsekeuli Awountsa Edmond Roméo, ont subi des atrocités et des sorts différents. Ce dernier; journaliste à la Missive et membre de notre association, ancien reporter à Canal 2 International a été particulièrement suivi même en privé dans sa famille pour des raisons non encore élucidées, au point où Roméo Tsekeuli est pratiquement introuvable aujourd’hui. A-t-il rendu son tablier? ou a-t-il été finalement traqué quelque part par ses bourreaux des chasseurs? Bien auparavant, c’est Jean Bosco Talla qui était arrêté à Zoétélé alors qu’il était en pleine investigation sur le terrain. C’est aussi le cas de Sévère KOUAMEN, correspondant du journal Le Messager à Kribi, qui a séjourné du 30 au 31 mai 2008, pour avoir publié un article sur le fils de feu général Bénaé. Il y a quelques jours, des journalistes ont été entendus à la pelle, soit à la police judiciaire, soit chez le procureur de la république. C’est le cas de Marie Noëlle GUICHI et Jean François CHANNON du journal Le Messager, Alex Blaise Batongué et Leger Ntiga du journal Mutations, Ananie Rabier Bindji de Canal 2 International, de Thierry Ngongang de la Stv, de Alex Gustave Azébazé, de Jean-Marc Soboth qui ont été auditionnés pendant des heures soit pour diffamations, publications interdites, outrage à corps constitué, affaire Albatros, etc., ou pour dévoiler leurs sources d’information. Ce qui est interdit par la loi. Fort de ce constat, l’AJODEP : - s’inquiète et dénonce ces atteintes au droits de la presse, ces pressions exercées sur les médias et les journalistes, dès lors qu’ils diffusent des informations qui gênent le gouvernement. Ce qui est une entrave à la liberté d’expression ; une notion chère à la démocratie, - dénonce le climat d’insécurité qui entoure le journaliste au Cameroun, - rappelle qu’il appartient aux autorités diverses de protéger la confidentialité de leurs messages ; étant entendu que pour le journaliste, c’est la confidentialité qui fait l’information - condamne avec la dernière énergie l’agression sauvage et indigne du footballeur Eto’o Fils sur le journaliste Philippe Boney, ainsi les actes de Idriss Kameni, gardien des Lions Indomptables, et de Thomas Nkono, ancien gardien des Lions indomptables et aujourd’hui encadreur, qui ont abîmé le matériel de certains reporters, - exige que des sanctions exemplaires soient prises par les autorités compétentes, à l’endroit de tous ces coupables, qui en principe devrait servir d’exemple à la jeunesse, - se désolidarise de l’émission, maladroitement organisée par Charles Ndongo, le 4 juin dernier après le journal télévisé en français au cours laquelle il a sacrifié la solidarité de corps, à travers un entretien « qui-lave » avec le goléador camerounais, - souhaite que le journaliste camerounais ne soit plus le bouc-émissaire de tous les temps dans l’actualité au Cameroun ; - sollicite la garantie de la liberté de la presse, d’information et de diffusion des journalistes. Fait à Douala - Cameroun, le 6 Juin 2008
    (PUBLIE PAR L'Association Président de l'Asssociation des Journalistes pour la Défense de la Presse dénonce, Juin 16, 2008, 10:25 PM)

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