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Déjà plus de 700 condamnés après les émeutes de février

PAR AFP on Avril 07,2008

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Plus de 700 personnes arrêtées au Cameroun lors des émeutes de fin février ont déjà été condamnées à des amendes et/ou à des peines de prison allant de trois mois à six ans, selon un décompte du ministère de la Justice rapporté samedi par la radio nationale.

Sur environ 1.600 personnes arrêtées pour "casse" ou "vols", 729 personnes ont été condamnées, dont 466 ont fait appel, a déclaré le ministre Amadou Ali.

Par ailleurs, 251 autres ont été relaxées après jugement et 157 demeurent en attente d'un procès.


Enfin, 534 ont bénéficié d'un non-lieu et n'ont pas été renvoyées devant la justice car elles sont mineures ou pour insuffisance de preuves.

La plupart des condamnations ont été prononcées dans la province du Littoral, dont fait partie Douala, la capitale économique du pays, réputée frondeuse, où avaient éclaté les premiers incidents violents. Jusqu'ici, 523 personnes y ont été condamnées.

"Contrairement à ce que certains ont assuré", les droits de la défense "ont pleinement joué" et la justice rendue n'a pas seulement été "équitable" mais aussi "clémente", a estimé Amadou Ali.

Après le début des procès de personnes interpellées, jeunes pour la plupart, de nombreux avocats avaient dénoncé une "justice expéditive".

Selon le ministre de la Justice, le montant financier des dégâts des "émeutes" pourrait atteindre "50 milliards de francs CFA" (76 millions d'euros).

Le Cameroun a été secoué fin février par de graves troubles en marge d'un mouvement contre la cherté de la vie et un projet de révision constitutionnelle qui permettrait au président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, de se représenter en 2011.

Les affrontements entre forces de l'ordre et manifestants ont fait plus de 100 morts, selon une ONG, 40 d'après le bilan officiel.

Après les violences, le pouvoir a annoncé des mesures en faveur du pouvoir d'achat. En revanche, il a maintenu son projet de révision de la Constitution, qui sera examiné dans les prochains jours à l'Assemblée nationale.


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