C’est dans une ambiance folklorique que l’évènement s’est achevé aux berges du Wouri dimanche dernier.
« Paix et fraternité à tous les camerounais » ; voilà présenté d’une manière succincte le message délivré par les ancêtres Sawa hier, à la clôture du Ngondo édition 2009, sur les berges du Wouri à Douala. Ce message a été rendu public par le prince René Douala Manga Bell, le chef du canton Akwa et président en exercice du Ngondo.
Durant la clôture de cet évènement culturel et touristique du peuple Sawa, des milliers de curieux et autorités administratives du pays étaient présentes, parmi lesquelles, le ministre de la culture du Cameroun, Hama Tutu Muna, le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Douala, le Dr Fritz Ntone Ntone, pour ne citer que ceux-ci.
Commencé aux environs de huit heures et trente minutes, cette cérémonie de clôture a été ponctuée par plusieurs activités .Notamment : des de danses traditionnelles, les finales de lutte traditionnelle et de course à pirogue.
Toutefois, l’apothéose de cet évènement a été l’immersion du vase sacré dans le fleuve Wouri. Duquel vase le message a été délivré. « Les nouvelles sont bonnes. Mais c’est à nous de les rendre utiles et productives pour notre communauté, notre peuple et notre pays », a déclaré, Le Chef René Douala Manga Bell en guise d’interprétation aux messages des ancêtres.
Selon le garant actuel de la tradition Sawa, il s’agit, de vivre « dans la paix, l’unité et la fraternité », au risque de subir « la colère des nos aïeux et dont nul ne peut savoir jusqu’où elle peut aller ». Bien avant cette cérémonie finale, les populations avaient au préalable assisté vendredi dernier au parc des princes de Bali aux combats de lutte traditionnelle, et à l’élection de la miss Ngondo. L’édition du Ngondo qui s’achève s’est célébrée avec la rétrocession au peuple Douala, d’une portion de leur territoire qui avait été cédée au gouvernement camerounais. Ce qui matérialise justement le thème de cette année « Nguinya Mulema » qui signifie « la force du courage »
Rétrospective
Crée au début du XXè siècle, le Ngondo a été mis sur pied par les habitants de la côte pour faire face à la « destruction des us et coutumes » par les colons blancs, en l’occurrence, les Allemands. Il est, par la suite, devenu un mouvement de revendications sociales lorsque les Allemands ont voulu notamment spolier les autochtones de leurs terres.
Ce festival était d’ailleurs interdit dans les années 1970 par le « régime de Ahmadou Ahidjo (premier président du Cameroun, de 1960 à 1982). Il a fallu l’arrivée du président Paul Biya au pouvoir en 1982, pour que l’administration lève la suspension du Ngondo, et une partie du Sud du pays, c’est-à-dire de Douala à Bakassi, en passant par Kribi. Les Sawa, ou peuples de la côte, se localisent notamment les régions du Littoral, du Sud-ouest
Hervé Villard Njiélé