Près de deux cent experts et scientifiques réunis en Mauritanie depuis mardi échangent sur la prise en charge de la fistule obstétricale .Organisé par le gouvernement mauritanien et le fonds des nations Unies (UNFPA), cette conférence internationale vise selon les organisateurs à « harmoniser la classification des fistules obstétricales et à définir la prise en charge chirurgicale des différents stades de complications liés à cette pathologie ».
Et à terme cette conférence veut au-delà de la formation des personnels de santé, lancer une plate forme de concertation entre les professionnels de la santé et les différents acteurs de la société.
La maladie désastreuse
La fistule obstétricale est une ouverture anormale du vagin. Elle est causée par des lésions lors des accouchements difficiles. Si le travail est très long (plusieurs jours), et qu’il souffre de négligence de la part des personnels de santé, la femme qui est en attente de délivrance va avoir des perforations dans la vessie. Ce sont ces trous, qui sont appelés fistules.
Selon les sources médicales se sont les pressions répétées de la tête du bébé sur la vessie et le rectum de la mère qui va déboucher sur la déchirure de ces tissus. Les conséquences sont la mort de l’enfant dans la plupart des cas, et l’incontinence chronique de la mère. Celle-ci ne peut plus ni retenir l’écoulement des urines encore moins l’excrétion des matières fécales.
Traitement
Les femmes souffrant de fistule sont bannies de la société. Les odeurs pestilentielles qu’elles drainent sur leur passage les rendent repoussantes. A ces souffrances psychologiques, s’ajoutent si la maladie n’est pas prise en charge de façon appropriée de nombreuses complications. Celles -ci sont des maladies rénales, les ulcères, et les réactions nerveuses dans les jambes qui laissent ces femmes paralysées.
Heureusement des traitements existent. La réparation des tissus se fait par voie chirurgicale, avec un taux de réussite de 90% (pour les cas simples) lorsqu’elle est correctement prise en charge. La fistule a disparu totalement d’Europe, d’Amérique du Nord, où les infrastructures sanitaires sont à la pointe, et l’accès aux soins médicaux faciles.
L’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud sont les plus touchées en raison de la pauvreté et des pesanteurs culturelles. Selon les statiques de l’association américaine Women’s Health and Education Center (juillet 2009) près de deux millions de femmes vivent dans les seules régions du Nigeria et du Bangladesh avec les fistules. Ces estimations ne représentent que les femmes de ces deux régions qui sont prises en charge. Sont exclus les cas non recensés dans les autres parties du monde.
Aurélie Kouba S.