Le Cameroun passe à sa deuxième phase de sensibilisation à la méthode SODIS (Solar Water Desinfection). La cérémonie qui se déroule ce jour à la salle de conférence et d’agriculture a pour objectif, la présentation des échantillons d’eau prélevés dans douze quartiers de Yaoundé, et l’initiation des camerounais à l’initiation à la méthode de désinfection de l’eau par le soleil.
Comment ça marche ?
Remplissez vos bouteilles de verre ou de plastique préalablement nettoyées d’eau. Laissez les ensuite exposées et refermées, sous une surface noire et réfléchissante durant cinq heures d’affilée. Vous pouvez pour obtenir l’abri pour vos bouteilles, vous servir simplement de tôles ondulées. Le temps d’exposition doit être scrupuleusement respecté pour que les ultras violets (U.V) puissent efficacement tuer les microbes, ce procédé s’applique si on est dans un temps chaud.
Si par contre vous avez plutôt un temps couvert, pas tellement ensoleillé, vous devez laisser l’eau en exposition au soleil durant six heures ou deux jours pour obtenir une eau potable.
Pour ce qui est du mécanisme d’action de destruction des agents pathogènes de l’eau, c’est l’action de la haute température, combinée aux rayons ultra violets du soleil qui assainit l’eau. Et pour ceux qui se demandent l’importance de la tôle, ce que les spécialistes en disent c’est que ce support métallique est utile à faire monter rapidement la chaleur.
Rien que de bénéfices !
Les populations camerounaises et celles d’ailleurs qui ont des problèmes d’approvisionnement en eau potable ont désormais cette voie pour désinfecter leur eau à moindre coût et sans danger. Et ces populations seront ravies d’apprendre que leur goût habituel de l’eau ne sera pas altéré, comme c’est le cas lors des stérilisations par l'eau de javel ou par l’ébullition.
La méthode atteint le taux de 99,99 % de purification de l’eau. Une promesse qui lui a fait obtenir l’assentiment de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui la placée depuis 2001 comme une stratégie aussi fiable que l’eau bouillie, et collaboratrice dans sa lutte contre l’expansion des maladies diarrhéiques dans les pays en voie de développement.
SODIS, en marche
Cette pratique révolutionnaire a été mise au point en 1991 par l’institut fédéral Suisse pour l’aménagement et la protection des eaux (AEWAG)/ département eau et assainissement dans les pays en développement (SANDEC).Actuellement en usage dans une trentaine de pays la méthode d’assainissement de l’eau fait des adeptes même si elle se heurte à quelques obstacles, la rareté des eaux.
L’éloignement des points d’eau si habituels dans les pays en voie de développement obligent très souvent les consommateurs et les utilisateurs habituels de cette méthode, à céder à la tentation de boire de l’eau contaminée ou non traitée avec les risques de s’exposer à des maladies de l’eau.
Aqua care association apolitique qui œuvre dans la protection des écosystèmes aquatiques et l’accessibilité de l’eau de qualité assure l’implémentation de la méthode SODIS au Cameroun depuis 2007, aidée dans cette promotion par quelques partenaires.
Aurelie Kouba S.