Le rideau est tombé sur la journée mondiale consacrée aux luttes contre les mutilations sexuelles chez les femmes le 07 février dernier, avec pour thème « le rôle des hommes et des femmes dans la pratique des mutilations génitales ». C’était au terme d’une rencontre d'évaluation sur ce fléau à Yaoundé, sous la conduite du ministre de la promotion de la femme et de la famille (MINPROFF). Malgré la pratique de l’excision et d’autres pratiques s’y rapprochant qui touchent 20% de femmes au Cameroun, cette célébration est passée presque inaperçue.
Le manque de mesures de répression est préjudiciable aux camerounaises
Cela fait trente ans que le Cameroun milite en faveur des femmes pour l’éradication des mutilations génitales féminines (MGF), malgré les difficultés que lui opposent les opinions, les pratiques et les attitudes des populations à l’égard de ces mutilations. Des mutilations qui se manifestent de manière variable sur l’ensemble du continent africain : l’ablation du clitoris, le repassage des seins chez la jeune fille et l’ablation des petites lèvres. Un plan d’action a été adopté par le gouvernement camerounais en 1999. Le code pénal ainsi que la constitution plaident en faveur des droits de la femme et de l’enfant. Toutefois malgré ces dispositions, les pratiquants ne sont pas poursuivis en justice, et la sensibilisation avance en dents de scie. Près de 28 pays en Afrique sont touchés par la pratique de l’excision, malgré les conséquences qu'elle entraîne sur la santé de la femme.
Les femmes exposées souffrent à la longue de complications durant les accouchements, de complexes dans leur sexualité, sans compter les risques d'hémorragie. La journée mondiale contre les excisions se fête dans le monde le 6 février de chaque année et ce depuis trois ans.