Cameroun: Etat des lieux des accidents de la circulation
Au Cameroun, les routes sont en général dans un état mauvais ou médiocre. Le trafic moyen journalier est d’environ 2 000 véhicules sur les routes bitumées et 500 véhicules sur les routes en terre.Le Cameroun compte 49 598 km de routes, soit 4 830 km bitumées, 16 468 km de routes en terre classées et 28 300 km de routes rurales (non classées). L’Etat concentre l’essentiel des moyens mobilisés à l’entretien d’un réseau prioritaire de 27 935 km défini selon des critères de rentabilité économique et de développement rural. Les données disponibles, collectées à partir des procès verbaux établis par les forces de l’ordre, font état d’une forte mortalité routière, en constante progression depuis 1999. Ainsi, entre 1992 et 1998, 732 à 973 morts avaient étés recensés sur la route chaque année, ce chiffre est passé à 1372 en 2000 et 1512 en 2001.En 2001, cela correspondait à un taux rapporté au nombre de kilomètres de route du pays, ce taux est de 29 pour 1000 kilomètres de routes, à comparer à un taux de 7 pour 1000 kilomètres dans la communauté Européenne.Une prise de conscience est ainsi nécessaire pour lutter contre ce fléau, associant des actions d’urgence avec des stratégies à plus long terme, qui permettraient d’endiguer un phénomène dont l’ampleur va croissante, à mesure de l’évolution du parc automobile. Il s’agit d’un impératif de santé publique, mais également économique, l’insécurité routière devenant à plusieurs égards un frein supplémentaire au développement. En effet, elle entrave ou décourage la mobilité et décime les populations actives du pays.En 2006, le Ministère des transports qui a fait de la sécurité routière une priorité majeure a lancé une phase expérimentale d’utilisation de radars de contrôle de vitesse et d’alcootests. En outre, les prestations de contrôle technique de véhicules sont réalisées par des entreprises privées sélectionnées sur appel d’offres.D’autre part, la Commission Européenne et le Gouvernement Camerounais ont convenu d’une action destinée à diminuer l’accidentalité enregistrée sur l’axe Yaoundé - Douala (Route Nationale 3), long de 237 kilomètres et qui connaît le trafic routier le plus important puisqu’il relie les deux villes les plus peuplées, respectivement capitales économique et politique du pays. Le choix de cet axe montre la volonté du gouvernement de contribuer de manière urgente à la baisse de la mortalité et de la morbidité routière et le souhait de conduire une action pilote qui guidera la généralisation des interventions dans le reste du pays.Dans ce cadre, un état des lieux est nécessaire, qui doit permettre d’évaluer les priorités en fonction de la localisation et de la typologie des accidents constatés.
104 fois lu
|