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Ismaël Fotso : « Je réserve de belles surprises à mon public ! »

PAR Ariane Nanfack on Fevrier 08,2008

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Muni d’un répertoire très varié, Ismaël Fotso, 27 ans, a  partagé généreusement sa flamme magique de la musique samedi 02 Février 2008 en apéro –concert au Centre Culturel Français (CCF ; Ndlr) de Douala.  Après un concert enflammé, l’artiste dévoile en exclusivité pour PDN sa vision simpliste de la vie : confession d’un optimiste.

 

Est-ce votre première apparition en public ? C’est ma première apparition pour le compte de mon premier album solo, puisque je preste aussi avec un autre boy-band, le «  One love ». Je chante également dans les cabarets.

Pourquoi la musique ? La musique me permet de m’évader, de m’exprimer, c’est le moyen que mon âme a choisi pour me permettre de « vivre ».

Vous semblez prendre position dans vos chansons, éclairez-nous… C’est une musique de conscientisation, qui prône l’amour ; lorsque je regarde le mal qui sévit autour de moi, j’ai envie de le dénoncer, de le tuer à la racine, en appelant à plus de responsabilité et de bon sens dans nos actes.

Pensez-vous être meilleur que les autres ? Non mais j’essaie aussi de montrer l’exemple, car ce que j’ai vécu m’exhorte à être meilleur dans mon quotidien.

Votre répertoire semble très varié… J’ai fait un métissage énorme pour démontrer mon amour pour toutes les générations et toutes les cultures. On y trouve de la Rumba, du Zouk, rap, makossa… j’ai voulu faire sentir que je n’ai pas de frontières, j’ai besoin d’être un peu partout.

Beaucoup de Camerounais se lancent dans la musique, comment comptez-vous vous frayer un chemin dans ce maquis ? J’ai été déraciné un moment, mais avec les black sheep (troupe musicale ; Ndlr), je vais prendre mon envol et tant qu’il y a de l’amour, le reste suit.

La qualité de la musique Camerounaise est fortement remise en cause ces dernières années. Votre avis.  Si ce soir le public m’a apprécié, et que plus tard, 90% des Camerounais aiment ma musique, j’espère que mes confrères vont suivre. Je ne veux pas les juger, mais j’espère que cela va changer.

Il y a aussi le problème de la piraterie qui «  pourrit » la vie des artistes… Dans ma musique je parle de conscience. Si mon frère qui pirate mon CD  prend conscience, les choses vont avancer. J’ai également un projet d’album concernant la piraterie

Comment le CCF vous aide-t-il ? Le CCF donne la possibilité, à nous artistes en herbe, de nous faire connaître, car la promotion pour le concert de ce soir a été prise en charge par le Centre, mais de mon côté, je cherche aussi…

Vivez-vous pleinement de votre musique ? En dehors de la musique, je suis technicien de studio. Je vis aussi de cela, mais je ne peux passer un jour sans faire de la musique.

Sur scène, vos danseuses exécutent des mouvements « osés », je dirais même  «  provocateurs ». Qu’en dites-vous surtout avec les campagnes de « décence » menées par des acteurs Camerounais ? Mes danseuses s’expriment tout simplement sur scène, mais il faut aussi penser au message qu’on essaie de faire passer.

Que pensez-vous des artistes qui se sentent parfois obligés de se « prostituer » pour financer leurs projets artistiques ? Avez-vous rencontré ce genre de difficultés ?  J’ai commencé la musique à 17 ans, et j’ai eu à travailler avec des personnes que je considère  comme mes « tontons ». Je n’ai pas rencontré des personnes qui m’obligent à m’ « avilir » pour un quelconque « échange de service ». Pour la petite histoire, j’ai été aux Émirats arabes. Pour ce faire, j’ai dû vendre même des beignets pour économiser mon fonds de départ ; donc jusqu’ici, je me suis battu à la sueur de mon front, et je continuerais à le faire…

Pourquoi ne pas avoir émigré comme beaucoup d’autres Camerounais ? J’ai été ailleurs, mais j’ai aussi voulu débuter en Afrique, et dans mon pays, pour être un produit pur du terroir. Je veux porter mon combat à la base, et prôner d’abord l’unité Africaine.

Comment prônez-vous l’amour à tous les peuples et privilégiez-vous une nation ? Je ne suis pas raciste, mais pour moi l’Afrique passe avant tout  car des gens m’ont craché au visage parce qu’on n’avait pas la même couleur de peau. J’ai eu mal… et j’aimerais pouvoir répondre pleinement demain si l’on me demande ce que j’ai fait pour mon peuple. Alors je commence d’abord en Afrique.

Quelles difficultés rencontrez-vous en tant qu’artiste ? La pauvreté ! J’ai été dans un pays où un enfant en venant au monde a 500 000 millions de FCFA dans son compte : vraiment si j’avais cet argent je ferais beaucoup de choses…

Des projets ? J’en ai des tas. Je réserve de belles surprises à mon public.

Avez-vous une compagne ? Cela fait partie de mes projets. Mais pour le moment mon cœur appartient à la musique !


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