Chefferie traditionnelle : Sa majesté Ndoumbe Marcelin évoque les difficultés de la communauté Malimba
Feb 09,2010 00:00 by edking


Quels sont les enjeux qui empêchent l’administration d’entériner le choix légitime du peuple Malimba ?   

Certaines élites veulent confisquer ce territoire pour assurer leur place dans le régime en bradant des terres communautaires. Le chef supérieur apparaît donc comme l’empêcheur de tourner en rond…

Qu’est allé faire une délégation des Malimba chez le gouverneur ? 

Les Malimba ont une nouvelle fois exprimé leur ras le bol contre l’arbitraire. Cela participe d’une démarche constante depuis le 15 février 2003, date à laquelle ils avaient exprimé leur choix. Entre 2003 et 2010, ils ont été reçus par M. le Sous Préfet de Mouanko, M. les Préfets qui se sont succédés à la tête du département de la Sanaga Maritime, M. le Gouverneur du Littoral. Pour le moment une demande d’audience est pendante auprès du MINATD. Le 02 février dernier, ils ont remis un mémorandum à M. le Gouverneur du Littoral à l’attention de M. le Président de la République.C’était l’objet de la visite des Malimba chez le Gouverneur. Ils croient qu’après tous les échanges épistolaires initiés sans suite, le Chef de l’Etat va leur rendre justice.   

Que s’est il passé pour que votre communauté en arrive là ? 

Il est utile de rappeler la genèse et l’évolution de ce dossier pour déceler les blocages. La chefferie supérieure de Malimba/Mouanko est vacante depuis le 17 novembre 2000. Pour y pourvoir le chef des Bolounga, famille coutumièrement appelée à exercer le commandement traditionnel convoque des assises le 24 août 2002, au cours desquelles les six foyers qui la composent désignent à l’unanimité M. NDOUMBE Marcelin comme candidat à la succession et en informe l’administration. Or deux autres prétendants à la succession avaient déjà introduit leurs dossiers auprès de l’administration. Face à cette situation, les Malimba décident de choisir un candidat consensuel. Ceci se fera le 15 février 2003 au cours d’une tenue de palabres traditionnelles où neuf chefferies sur les douze que compte le canton se prononcent pour M. NDOUMBE Marcelin. 

Une correspondance est adressée au Préfet pour l’en informer et l’inviter à venir procéder aux cérémonies d’usage. Ce dernier arrive le 26 mars 2003 et plutôt que d’entériner le choix des populations, il décide de l’organisation d’une élection selon ses propres critères. Les Malimba s’inclinent et expriment leur choix à travers les onze notabilités coutumières désignées par le Préfet M. ABANDA Jean Bienvenu, président de séance, assisté du Sous Préfet M. ESSONO André Marie, secrétaire de séance. A l’issue du vote ainsi imposé, M. NDOUMBE Marcelin obtient 7 voix et NANGA Symphorien 4 voix. Il n’y a eu ni contestation, ni reproche, ni trouble, ni bagarre. Le Préfet demande publiquement à l’élu de commencer d’ores et déjà à exercer en attendant l’homologation de sa désignation. Ce qui avait échappé à la perspicacité de tous était le fait que le Préfet crée une commission chargée de la rédaction du PV et composée du Sous Préfet et de deux élites Malimba : M. EDOUBE Lucien Célestin et Mme AYAYI Rosette. Cette commission ne siégera jamais. 

Les Malimba étaient loin de s’imaginer que pour que leur choix soit validé, il devait impérativement recevoir l’onction de ses deux élites susnommées. Le dossier n’évoluera qu’à la faveur de la mutation du Préfet en juillet 2003. Il traînera encore à la Direction de l’Organisation du Territoire du MINATD où des pièces en étaient souvent soutirées. Après la transmission du projet d’arrêté d’homologation dans les services du Premier Ministre aux fins de visa, il sera rattrapé par les membres de la commission citée plus haut qui useront de tout leur pouvoir administratif et financier pour le bloquer.   

La médiatisation de ce dossier ne risque t-elle pas de nuire aux intérêts des Malimba ?              

Non pas du tout. La cause est juste et c’est ce qui explique la forte médiatisation de ce dossier. Toute personne qui l’ouvre a immédiatement un fort sentiment d’injustice, de frustration face à ce qui risque de prendre l’allure d’une forfaiture. Quant à moi, j’y vois plutôt une ouverture pour ceux qui ont pu en avoir une lecture ou une présentation tronquée, erronée ou déformée à dessein.   

Quels sont les enjeux de ce dossier ? 

Les enjeux sont multiples et divers selon les horizons. Pour les Malimba, ils veulent s’organiser pour sortir de la misère dans laquelle ils croupissent. Les populations n’ont accès ni à l’eau potable ni à l’électricité; la faiblesse de leurs revenus monétaires ne facilite pas non plus la scolarisation des enfants ni l’accès aux soins. Le peuple Malimba fait partie du Cameroun ; Il y a très peu d’organisations humaines ou organisations tout court qui sont acéphales. Malimba n’y échappe pas et il a besoin d’un chef pour impulser le développement et l’accompagner autant que faire se peut tout au long de ce défi.  

Le mot de la fin 

Je voudrais dire merci à votre journal pour la possibilité que vous m’offrez de m’exprimer dans vos colonnes et inviter tous les Malimba à l’union pour qu’ensemble nous construisions notre communauté. Nous n’avons qu’un seul défi à relever : celui du développement pour un mieux être, un mieux vivre.